Décret du 7 ventôse an III
dre, et ce fut seulement en Tan YII, sous radministration de François de Neufchâteau, qu'on y revint. Le Conseil d'instruction publique institué à cette époque* fut chargé « d'examiner les livres élémentaires imprimés ou manuscrits et les cahiers des professeurs » et d*arrèter une liste de ceux de ces ouvrages qui lui sembleraient dignes d'être recommandés. Mais il ne paraît point qu'il en ait trouvé beaucoup. Il pensa, — c'est lui qui parle, — « qu'il fallait se servir des attributions qui lui étaient confiées pour empêcher qu'on introduisit dans les écoles cette foule de livres faits avec d'autres livres, ouvrages propres à déformer Tesprit comme le goût et qu'on présentait si souvent à son examen après les avoir faussement revêtus du titre de livres élémentaires'». Et il préféra, « pour le moment», dit-il encore, s'en tenir aux auteurs les plus généralement suivis par les professeurs. C'est-à-dire, pour les langues : Gail et Guéroult ; pour l'histoire naturelle, Buffon, Jussieu, Daubenton, Lacépède, Cuvier; pour les mathématiques, Bézout, Bossut, Legendre, Cousin; pour la physique et la chimie, Fourcroy, Brisson, Guitton , Haûyt; pour la grammaire générale, Condillac, Dumarsais, Duclos, Court de Gébelin, Locke etHarris; pour les belles-lettres, Le Batteux, Blair, Gondillac ; pour Thistoire, RoUin, Millot, Voltaire ; et pour la législation, Montesquieu, Hobbes, Filangieri, Beccaria et Burlamaqui, etc. La liste est imposante, et pour quelques médiocrités, comme Le Batteux ou Millot, qui s*y rencontrent, elle compte de très grands noms. Toutefois, il n'y avait pas là, surtout pour l'histoire, les belles-lettres, la grammaire générale et la législation, de quoi remplacer de bons manuels. La plupart de ces ouvrages étaient ou trop profonds ou de trop grande dimension pour pouvoir servir de livres de lecture courante à des