‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 50 sur 110 · Voir plus haut page · texte numérisé non relu

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2. Voir à l'appendice le procès-verbal de la séance du 16 pluviôse an VIII.

écoliers. Aussi voitron partout les professeurs obligés de consacrer le meilleur de leur temps à ces dictées de cahiers qui sont la ressource des mauvais maîtres et la plaie des études. Il existe aux Archives un grand nombre de ces cahiers ; quand on les a lus, on comprend mieux le peu de succès de certains cours. C'est sans chaleur, sans mouvement et sans vie ; cela se traîne péniblement à travers beaucoup de longueurs et de redites, enfin et par-dessus tout, c'est ennuyeux, de cet ennui qui pèse encore aujourd'hui si lourdement sur nos collèges et « qui en est comme le génie malfaisant. * »

L'usage de ces dictées n'était pas nouveau; de très bonne heure, il avait pénétré dans l'université par l'enseignement philosophique, et s'y était généralisé à tel point que dès le milieu du xiv* siècle, il avait fallu défendre aux professeurs «d'employer le temps des leçons à faire écrire leurs écoliers. » Cent ans après, le cardinal d'Estouteviile enjoignait encore aux maîtres « de ne pas oublier que leur principal devoir était de lire et d'expliquer les anciens philosophes et non d'apporter en classe des cahiers ou traités. » Mais l'habitude était prise, et ces prescriptions étaient demeurées lettre morte. Le père Lamy (de TOratoire) s'en plaint amèrement dans ses entretiens sur les sciences.

« On ne s'est appliqué qu'à de certaines questions pour ainsi dire étrangères, par exemple : si la logique est une science, quel est son objet ; mais on ne traite presque plus rien de ce qu'Aristote a enseigné dans les excellents ouvrages qu'il a faits de la logique. Au lieu décela, les maîtres donnent en mauvai latin des opinions mal conçues, mal digérées, mal expliquées ; on croit que cela attache les écoliers qui prennent plaisir à avoir des cahiers écrits de leur main. Mais outre la perte de temps qu'ils passent à

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