Voir à TAppendice un spécimen de ces exercices
de natation, de chant ; on y dansait, on y jouait même la tragédie, la Mort de César notamment, fort en vogue alors, le Bon Fils de Berquin, YHonnête Criminel de Fenouillot.
Hais quels que fussent l'intérêt et la variété de ces exercices, il était impossible qu'ils eussent le même éclat, et surtout la même action stimulante, que l'ancien concours général. Ils n'étaient pas assez exclusivement scolaires, et, par de certains côtés, manquaient un peu de gravité; il s'y mêlait trop de fanfares, de fleurs et de chants patriotiques. Quoi qu'il en soit, François de Neufchâteau résolut de revenir à Tancien état de choses, et c'est en ces termes que le 10 germinal an VII il en marquait l'intention, aux professeurs et bibliothécaires des écoles centrales :
Ci Citoyens professeurs, la célébration de la fête de la jeunesse m'a rappelé quelques idées sur un moyen puissant d'exciter chaque année une grande émulation parmi tous les élèves des écoles centrales, je viens vous les communiquer.
« 11 est d'usage de finir chaque cours annuel par des exercices publics et une distribution de prix aux écoliers qui ont surpassé leurs émules dans la double carrière des mœurs et des études. Cette cérémonie a eu lieu l'an dernier avec beaucoup d'éclat dans les différentes écoles déjà organisées. Mais les prix n'étaient disputés qu'entre les écoliers d'un chef-lieu de département ou d'une école de Paris. Je crois devoir étendre cette mesure salutaire. Chargé de diriger l'instruction publique, je dois lui imprimer partout une direction commune. C'est faire un grand pas vers ce but que de préparer les moyens de flnir les cours de l'an VII par un concours universel entre les classes de toutes les écoles.
a Une ancienne expérience a prouvé dans Paris l'efficacité des moyens que je veux employer. Depuis un grand
l'iuctructioii publique. 18
nombre d'années on s'était aperçu que les études languissaient dans l'Université. On sait que l'établissement des compositions qu'on rendit générales leur eut bientôt rendu leur première vigueur. Les collèges aux prises les uns avec les autres commencèrent à faire d'incroyables efforts pour s'arracher la palme qui leur était offèrle : principaux, maîtres, écoliers, tous furent embrasés d'une émulation qu'ils n'avaient pas connue encore, et s'il s'éleva des clameurs contre cette institution, elles partirent des collèges qui avaient eu le moins de part à ces triomphes littéraires, et ne parurent que l'ouvrage de l'envie acharnée à flétrir tout éclat auquel elle ne peut atteindre.
« La révolution heureuse qui s'est opérée dans l'Université peut embrasser l'ensemble des écoles centrales, et le même ressort peut mouvoir à la fois tous les points de la République. L'administration de ce vaste pays est une : toutes les branches différentes du service public doivent tendre à cette unité, tout doit se rapprocher du centre.
«Mais comment, dira-t-on, établir des combats dans un si grand nombre d'écoles séparées les unes des autres par de si vastes intervalles? Ce plan qui séduit au premier coup d'oeil ne se réduit-il point à une brillante chimère, et l'exécution en est-elle possible?
Je la crois très facile; nous pouvons, citoyens, rapprocher les dislances et mettre nos jeunes rivaux à portée de lutter les uns contre les autres, sans les obliger à quitter leur patrie.
« Voici comment je pense que nous y parviendrons *... « Suit rénumération des règles et conditions du concours, et l'invitation adressée aux professeurs de faire connaître au ministre leurs observations.