‹ L'instruction publique et la RévolutionChapitre 98 sur 110 · SCIENCES. — ARTS LIBÉRAUX · texte numérisé non relu

SCIENCES. — ARTS LIBÉRAUX

Dans tout ce qui tient à l'instruction publique^ on ressent encore profondément les traces des erreurs révolutionnaires; on a cru qu'on fait des instructions avec des loix et qu'on change les habitudes et les mœurs avec des règlemens. On a rendu la loi du 3 brumaire, et cette loi a créé des écoles ; mais elle n'a rien fait pour l'éducation; elle n'a donné aucun guide, aucun modérateur; elle n'a assigné aux élèves aucun fruit à retirer de leurs travaux, aux parens aucun dédommagement de la dépense qu'ils font pour leurs exifans. Cette loi, vicieuse dans presque toutes ses parties, complètement insuffisante, a produit l'effet qu'on devait en attendre, et le tableau que je vais vous tracer, citoyens consuls, extrait fidèlement de la correspondance des préfets et du compte rendu du Conseil d'instruction publique, vous prouvera à quel degré de profondeur a pénétré le mal.

Les écoles primaires, presque toujours, ont été désertes ; deux causes y ont contribué : la première est le détestable choix de ce qu'on a appelé instituteurs; ce sont presque partout des hommes sans mœurs, sans instruction et qui ne doivent leur nomination qu'à un prétendu civisme qui n'est que l'oubli de toute moralité et de toute bienséance; la seconde cause est dans la force toujours subsistante des opinions religieuses que les loix ont trop heurtées et pour

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