‹ L'instrument de Molière; traduction du traité De clysteribus de Regnier de Graaf (1668) [par Ernest Boysse]Chapitre 5 sur 12 · A HABERT DE M ONT M OR · texte numérisé non relu

A HABERT DE M ONT M OR

Une de vos occupations les plus chères a toujours été d'accueillir avec bienveillance les hommes amis des lettres et des sciences, ce dont j'ai pu me convaincre par moi-même lors de mon séjour à Paris. En effet, dès que mon Traité du suc pancréatique, publié en français, fut parvenu entre vos mains, et que vous avei su que je me proposais de le livrer à la discussion des curieux investigateurs de la Nature, dont V Académie se réunit, tous les Lundis, che\ le docteur Bourdelot, l'éminent médecin de la Reine de Suéde (r), vous ave^ bien voulu non-seulement m'inviter quelquefois à votre table opulente, mais encore me donner souvent place à vos côtés dans votre propre car-

bcrt de Montmor, maître des requêtes , qui m'en envoya prier. Il m'a fait voir ses livres, qui sont beaux et en grand nombre; il m'a fait promettre que je l'irois voir une fois la semaine, mais je n'ai pas promis que ce seroit à diner; on perd trop de temps à de pareilles cérémonies. Je dîne céans à mon aise en un bon quart d'heure. Il dit qu'il veut voir mes livres; je pense qu'il prétend aussi que je serai son médecin, mais je ne sais si

nous nous accorderons bien , car il aime la chimie ; il n'est pas encore détrompé sur l'antimoine, qui est ici fort déchue et décriée. Sa femme même, qui est d'un esprit curieux, versatur in eâ haeresi. Elle est aussi pour la poudre des jésuites, de laquelle je n'ai vu dans Paris aucun bon effet, d ha poudre des jésuites est le quinquina. En cela, Patin était médiocre prophète.

(i) Voir ci-dessus la note, page 20.

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rosse. Là, outre le plaisir que procurait votre présence, j'éprouvais un ravissement incroyable à écouter vos doctes et ingénieuses observations, qui sont le fruit d'expériences renouvelées chaque jour par vos soins. Je n'oublierai pas non plus la singulière bonté que vous m'ave\ témoignée un jour que je m'étais rendu dans la maison du docteur Denis (i), oîi se trouvait un si grand concours de curieux^ que nul ne pouvait pénétrer dans le lieu de la conférence. Apprenant que je me trouvais dans le vestibule, vous ave^ profité d'un moment oii la discussion était suspendue pour me faire introduire, et vous m'ave:;^ mis, moi indigne, à votre droite, c'est-à-dire à laplace la plus honorable de l'assemblée.

Apres ces bienfaits et beaucoup d'autres qui m'ont étroitement attaché à votre personne, je me considérerais comme coupable d'ingratitude, si je ne répondais par une marque publique de ma reconnaissance à la faveur dont vous m'are^ publiquement honoré. Cest ce que je veux faire en vous consacrant les découvertes qu'une infatigable étude du corps humain, triomphant du long silence des siècles et des obscurités de la na-

(i) Voir plus haut la note, page 22.

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