EXPÉRIENCES
Ces expériences ont été faites par le Dr Douay en notre présence sur des pièces fraîches peu après l'opération, seule la pièce 3 a été formolée peu de temps par erreur. Pour observer le dégagement de ga7, les pièces ont été NERIREUSS | sous l’eau.
EXPÉRIENCE Î. 3 juin 1024. — Fibrome utérin sans inflammation.
Les trompes paraissant saines.
La sonde à insufflation est placée dans l'utérus et maintenue par une pince de Museux sur l’isthme : on monte à 100 —— 160 — 250 = rien ne se produit.
Il faut faire 4 fois. la même manœuvre pour qu’à la quatrième fois la trompe droite laisse échapper quelques bulles d'air.
En baissant la pression, l'air continu: à passer jusqu'à 100.
On met une pince sur le pavillon de la trompe droite. On laisse la pression remonter à 200 puis à 250, la trompe droite est gonflée, la gauche toujours fermée.
On monte à 300 rien de nouveau ne se produit.
On malaxe la corne utérine gauche, l'air passe et des-bulles sortent par le pavillon gauche, on ferme ce pavillon avec une pince, la trompe se gonfle sans se rompre. ‘
C'est seulement avec une pression de 350, que la rupture
de la trompe gauche se produit à un centimètre du pavillon.
On met une nouvelle pince en dedans de la rupture et on montre à 375. La trompe droite extrêmement tendue résiste à cette pression.
CONCLUSIONS qu'on peut tirer de cette expérience
1° Des trompes non enflammées et perméables peuvent opposer une résistance au passage du gaz jusqu'à une pression de 250 millimètres de mercure pour l’une et de 300 pour l’autre, sans qu’on puisse trouver l'explication de ce fait, par un examen microscopique.
2° IT faut faire plusieurs tentatives d’insufflation avant de pouvoir conclure à l’obstruction tubaire ;
3° La résistance à la rupture a été de 350 millimètres de mercure pour une trompe, plus de 350 pour l’autre. Dans nos observations nous n'avons guère fait monter la pression à plus de 195 ou 200 millimètres : nous avons donc été loin de la pression dangereuse.
En cas de surpression, la trompe n'éclate pas comme un ballon ; l'air diffuse dans le tissu cellulaire du ligament large et forme de l'emphysème sous-séreux; cest moins une rupture qu’une fissuration qui se fait habituellement dans la zone non doublée par le péritoine c'est-à-dire dans le ligament large.
EXPÉRIENCE II. 31 mai 1924. — Pièces d'hystérectomie subtotale.
Une masse latérale prise pour une salpingite n’est qu'un fibrome pédiculé.
Ovaire scléro-kystique,, — pas de salpingite.
La sonde est placée dans la cavité utérine : on pousse à 200 millimètres, l'air ne passe pas par les trompes qui ont été légèrement durcies par un séjour de 3 heures dans l’eau formolée. Mais l'air filtre par deux vaisseaux sectionnés au niveau de la partie latéro-cervicale (vaisseaux utérins) et au niveau du ligament large, sous l'ovaire (vaisseux utéroovariens).
L'expérience est répétée plusieurs fois après avoir modifié la situation de la sonde dans la cavité utérine: dès qu'on monte au-dessus de 50, l’air filtre par grosses bullzs par les : orifices des deux vaisseaux signalés. La dissection montre qu'il S’agit de deux grosses veines accolées à l'artère utérine.
La dissection de la paroi utérine et salpingienne ne montre pas comment l'air injecté dans la cavité utérine a pu passer dans les veines périutérines. ‘L’oblitération des deux trompes siégeait sur l’origine du segment isthmique.
À remarquer que veine et artère sont très volumineuses comme cela se rencontre souvent dans les fibromes.
Cette expérience montre à quels mécomptes on s'exposerait en insufflant des femmes en période d’hémorragie ou - des femmés qu'on aurait dilatées rapidement et chez lesquelles des ruptures vasculaires pourraient se produire. Nous trouvons dans cette expérience l'explication de la contre-indication que les auteurs américains trouvent à l’insufflation s’il existe un saignement quelconque.
On pourrait de plus trouver là un argument à l’emploi des gaz rapidzment résorbables, O ou Co2 qui pourraient se combiner rapidement avec le sang.
Bien que nous ‘ayons fait au moins une vingtaine d'expé-