‹ L'insufflation tubaireChapitre 19 sur 29 · ARS D · texte numérisé non relu

ARS D

riences même avec des utérus fibromateux, nous n’avons pu observer d’autres fois le passage de bulles gazeuses à travers les vaisseaux.

Ce résultat quoique unique a profondément impressionné le Dr Douay et nous même, car il met en question l’innocuité de la méthode.

EXPÉRIENCE [IL 1° juillet 1924. — Hystérectomie pour fibrome en voie de nécrose.

La pression monte à 130 et redescend aux environs de 120 — 130. Le dégagement se produit abondant du côté gauche.

Rien du côté droit.

On monte à 200 — 250 sans rien remarquer de nouveau.

Si on pince le pavillon de la trompe perméable, elle se distend sans se rompre jusqu'à plus de 200.

Le cathétérisme rétrograde du pavillon vers l'utérus des deux trompes est effectué avec un fil d'argent. La trompe du côté imperméable se gonfle à ce moment. — On ouvre l'utérus. |

En mettant la sonde au niveau de la corne, on voit soudain, après avoir sectionné l'attache de la trompe, s’en aller un bouchon muqueux qui probablement- était cause de l'oblitération. Le reste du conduit est parfaitement perméable. Ep Cette expérience montre que des tentatives d'insufflation pratiquées dans le but de rétablir la perméabilité comme l'ont proposé et réalisé les auteurs américains peut parfois aboutir, comme cela s’est produit pour le côté gauche.

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L'autre côté était oblitéré; il a fallu introduire un fil très fin pour permettre à l’air de passer. Enfin un peu de mucus est capable d'arrêter le passage de l'air; la pression de l'air est également capable de chasser du mucus de la portion interstitielle dans l’isthme.

Elle montre égalèment, une fois de plus, que 200 centimètres est bien au dessous de la pression capable de rompre les trompes.

ExPÉRIENCE IV. — Hystérectomie pour kyste bilatéral de l’ovaire.

La pression monte à 150 et redescend rapidement à 60. Les deux trompes sont perméables.

On place deux pinces non loin des pavillons et l’on monte à plus de 200 à plusieurs reprises. Les deux trompes sont distendues par l’air, malgré cela elles ne se déchirent pas. Après 250, on voit le ligament large se distendre à chaque fois que l’on envoie de l’air , qui s'échappe dans la zone sectionnée du ligament large, on ne peut trouver par où filtre le gaz qui donne lieu à cette sorte d'emphysème.

EXPÉRIENCE V. 12 juillet 1924. — Utérus fibromateux.

La perméabilité s'établit lorsque le manomètre marque 75. On met deux pinces sur les trompes et on pince également les lambeaux du ligament large. On monte un nombre important de fois de plus de 250, l'emphysème décrit plus haut se reproduit mais seulement quand les trompes ont atteint le ‘volüme d’un crayon. On ne peut se rendre compte par où le gaz a passé.

En ouvrant la pièce on remarque que la cavité utérine avait une configuration particulière : la muqueuse était repoussée à plusieurs endroits par des productions fibreuses et la dégénérescence fibreuse; elle avait même sur la piècz changé les rapports des trompes.

Cette expérience nous fait assister de nouveau à la production de l’emphysème.

Elle montre aussi que dés modifications de l'utérus et des trompes, si le canal reste perméable, n’empêchent pas la perméabilité.

Ces expériences se superposant quelque psu, nous n’en citons qu'une faible partie; cependant elles donnent une base solide à nos essais ch2z la femme vivante.

: D'après ces expériences, nous pouvons proposer les conclusions suivantes (beaucoup moins affirmatives et favorables à la méthode que celles des Américains.

Une trompe perméable oppose au passage de l'air une résistance très variable qu'il faut vaincre et qui est égale à environ 100 millimètres de mercure (de 75 à 120 dans nos expériences). Quand cette résistance est vaincue, la pression pour assurer le passage de l'air, très régulièrement, «est d'environ 60.

Une trompe d’apparence ‘saine peut être partiellement -oblitérée et opposer à l’insufflation une résistance voisine de sa rupture 250 à 300 millimètres.

La rupture ne se produit que si le pavillon est oblitéré permettant à l’air de gonfler la trompe comme un ballon : Ja pression nécessaire à la rupture varie entre 250 ef 350 millimètres de mercure.

Presque toujo:urs il ne s’agit pas de rupture vraie, mais de fissuration qui se fait dans la zone non doublée de péritoine, cet accident produit l'emphysème du ligament large.

Le passage en quantité impressionnante de l’air dans les veines est possible, probablement par éraillure imperceptible de la muqueuse utérine sans que nous puissions élucider le mécanisme de ce fait troublant.

De ces conclusions expérimentales, on peut tirer des déductions * po

EnNne trompe qui n’est pas insufflable n’est pas forcément ere mais lle offre seulement un® résistance à l’insufflation telle qu'il serait dangereux d'atteindre la pression nécessaire pour l’insuffler ;

2° L'insufflation prudente (200 mm. de pression) n'est pas une méthode dangereuse capable de rompre la trompe, mais elle n’est pas une métnode sûre car une trompe saine peut avoir une résistance à l’insufflation supérieure à 200 "" de Hg. La méthode n’est donc pas concluante en cas de ré- sultat négatif;

3° Du mucus peut-être chassé de l'utérus dans la trompe çe qui laisse suposer que la méthode n’est pas absolument inotfensive au point de vue contamination septique de la trompe :

4° Toute éraillure de la muqueuse utérine peut permettre “la pénétration du gaz employé dans les voies circulatoires. Aussi la méthode ne doit pas être utilisée en cas de saignement de la cavité utérine ; il faudra éviter toute dilatation capable de produire cette éraillure.

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