TZ L'INSURGÉ
vant de l'eau, chez moi, pour pouvoir aller sucer une côtelette et prendre une tasse de thé, au café où vont les capitalistes.
A la fin, j'ai mis le grappin sur un collet tout pelucheux, et j'ai pincé entre les battants de ma porte une redingote de juif.
Je le tiens !
Il mettra son nom en tête, aura le titre de Directeur, la moitié des bénéfices, et versera, pour cela, deux mille francs !
On va vraiment loin avec deux mille francs 1
Mais, loin ou non, j'ai hâte d'en finir.
— Vous avez le génie de l'administration, ditesvous? Moi, je suis sûr de moi!... Au mur, les affiches !
On en a collé pour cinquante francs.
Si rareo qu'elles soient, les malheureuses, l'une d'elles a frappé les yeux d'un patron de journal qui a prétendu que, si j'étais allé le voir, il m'eût accueilli à bras ouvert. Il ment.
— Voulez-vous lâcher votre canard qui crèvera en cassant sa coquille et entrer chez moi?
— Non!
J'ai envie de rire un peu au nez de cette société que je ne puis attaquer de vive force, fût-ce au péril de ma vie !
L'ironie me pète du cerveau et du cœur.
Je sais que la lutte est inutile, je m'avoue vaincu
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d'avance, mais je vai- me blaguer moi-môme, blar les autres, hurler mou mépris pour tes rivants et pour les morts.
Et je l'ai l'ail! — je me suis payé une bosse de franchise, une vraie tranche de dédain!
J'ai appelé à moi les premiers venus.
11 m'est arrivé un jeune homme de seize ans, à la Bgure maladive, avec des airs de fille, mai- aussi l'ossature Faciale d'un gars à idées et a poil. Espèce de moulage de plâtre jauni a l'air, avec le ra la phtisie logé dedanal C'esl B me qui me l'a envoyé.
Il a rôdé deux heures devant la maison, avant d'oser monter ; c'est sa mère qui a fini par pousser la porte et demander, pour son fils, Gustave Maroteau, l'aumône d'une auscultation littéraire.
Derrière lui, esl entré Georges Cavalié, le Don Qui. chotte de la laideur, long, sec, dégingandé, biscornu, que j'ai baptisé Pipe-en Boit, il y .1 <h'ux an-, au •
Mie — a cause de son air de calum< t à tuyau de frêne, taillé par un berger — et qui, *ous ce nom, représente !•• sifflet du paradis, depuis le boucan
A'Benrtei hal aux Français! Fruit BOC delà
Pi-po, mai- pas l'été; bizarre, gai, raillant aussi,
ml pas de poitrine, mais ayant du COBUr.
On autre, rouge tud, trapu, arec un ci An 1 b bleui par places, comme une poularde où i truffes, l'air p ijrsan, tes 01 , la moi
du vigneron sous la lèvre. Il est débarqué chez moi, se disant patronné par les Goncourt, et m'a emmené chez eux.
Il a encore pour parrain Lepère, un avocat de son pays, député de demain, poète de jadis, auteur de la chanson du Vieux Quartier Latin, qui connaît depuis dix ans et aime comme tout le garçon au crâne truffé.
— Vous pouvez compter sur lui, a-t-il fait en tapant sur l'épaule de l'homme. Lourd, mais sûr.
Et Gustave Puissant est devenu le Roger Bontemps du journal. Il fait des articles saisissants à force d'être surveillés et fouillés; il espionne la nature, moucharde ses héros, et vous livre des dossiers empoignants.
J'ai un Normalien qui fait pipi sur la Normale.
Et tous de casser le mufle aux rengaines et d'allumer des incendies de paradoxes, sous le nez des cipaux de marbre qui montent la garde dans les musées — la blague ayant toujours sa cible sérieuse et devant, sans cesse, aller écorcher le pif deBadinguet aux Tuileries 1
Mais il faudrait un cautionnement pour pouvoir jaboter politique, même en se moquant 1 Et tous les mois on saisit notre pauvre Rue, on arrête la vente des kiosques, on nous fait les cent mille misères!
Un beau jour, j'ai écrit une page brutale les Co-
1,'iNsur.
thons tendue, qui, on paraissant souffleter des ma
illait magistrats et ministres, légalité et traditi L'h 4 venu.
On va nous tuer.
us je ne suis pas en nom; la loi ne s'en prend qu'an gérant et ; ilU-indre le coupable,
pourvu que l'arme soit brisée.
Pauvre gérant! Il m'a été adressé, par je ne qui, ets'est fait reconnaître ;\ moi en deux mois qui ont réveillé l'une des souffrances que j'ai tenues non enfance, dans le coin le plus n cœur, On jour, quand j'avais dix ans, alors que le père était pion et avait obtenu que
, dan- la chambn ; élève irrita
I nrt le visage de
re de cet écolier, solide, fort, déjà moustachu, qui m' préparait à la Poi nit a par desible, et vint, à -on lour, frapper le maître -cuia et le battit.
.1'. inrais voulu tuer ce grand-là! J'a\ ndu
1er d'un pistolet qu'il avait dam n'introduisis comme un vi I lui,
n. Si j' i mi- la m. iin sur l'arme, j'aurai c en
Le proviseur s'émut, et des excuses furent faites, en plein réfectoire. — Mon père pleurai
Quand, excitée par un hasard, ma mémoire a reconstruit la scène, je l'ai maltraitée, bourrée d'autres pensées et traînée vite sur un autre terrain, parce qu'il me semblait sentir fermenter de la boue sous mon crâne I
Et voilà que c'est le cadet de celui qui insulta mon père qui offre ses joues pour recevoir les soufflets de la Justice!
J'ai eu, un moment, l'envie de me venger sur l'innocent. Si ses cheveux n'avaient pas été gris, je lui rendais la gifle, alourdie par vingt-cinq ans de fureur, et je l'assommais.
Mais il a l'air bon, ce candidat à la gérance. Puis il ne demande presque rien. Et, parce que le frère du souffleteur s'offre au rabais, le fils du souffleté oublie l'injure, et l'embauche. Pour un million, je n'aurais pas voulu de la douleur que le scandale me laissa : pour vingt francs de moins à donner, je tope dans la main de l'individu.
Il sanglote, à son tour, quoique pourtant ce ne soit pas une humiliation, mais presque un honneur qui l'attend. Il sera « condamné politique » et ceux qui ne l'auront pas vu geindre et se lamenter devant les juges le salueront.
L'avocat du journal tire de son attitude des effets
de pitié joyeuse, et il demande grâce pour II homme, qui bu attrape pour iii mois tout d
ri en épongeant son crâne chauve, sans l'aperr que son mouchoir ;\ carreani dégoutte, à la rigole dei larmes.
— Tâchai d'obtenir que je ue fasae pas la prison, demande-t-il, entre deux hoquets, au défenseur qui promet de B'en occuper. Six mois ! six mois! !
Il fait pisser son foulard... et Laurier de rire derrière lui.
Il rirail derrière une douleur pour tout de bon, ce Laurier ! Point par cruauté, mais parce que ses veines charrient le mépris de l'humanité et que ce mépris tortille et froncé ta bouche menue : mu- . de rongeur, face de rat — de rat qu'on aurait pris par la queue et trempé dans un tonneau de Malvoisie. Le teint est vineux, c'est un Banguin !
11 y a de la vigueur, sous son enveloppe frêle, et, entre ses petites dents à grignoter le bois, siffle une q6 et ferme, qui s'enfonce en vrille dans l'oreille d'un tribunal.
Il est gai et mordant, hardi môme. Il n'a pas seulement des grains de sel sur la langue, m i
s de poudre; il fait rire et fait peur, son ironie qui tantôt amuse et tantôt ensanglante, qui piqu< lii e au choit w os que la
M <iit 1
Il est le scepticisme incarné ; c'est un tireur pour la joie de tirer et de toucher, qui fait rouge de son épée et blanc de ses convictions.
Ce petit homme sans menton, sans lèvres, à tête de belette et aussi de linotte, est une des caboches les plus fortes de son temps, le Machiavel de son époque... un Machiavel chafouin, blagueur, fouilleur, viveur, puisqu'il vient après Tortillard, Jean Hiroux, Galchas et Giboyer.
Il n'écrit plus le Prince — pas de danger ! — il est en train d'écrire le Tribun.
Il a rencontré au Palais un gars du Midi, à la tignasse noire, au timbre ronflant, jouant les débraillés, et borgne ; ce qui en fait un être à part, lui donne une marque de fabrique, un signe qui le fera reconnaître. S'il eût eu ses deux yeux, l'autre ne l'aurait pas pris ; un homme comme tout le monde, sans une taie, une bosse, un tire-1'œil, n'aurait pas fait son affaire.
Laurier n'hésite pas, et étend la main sur le phénomène. C'est le bélier qu'il dressera pour faire, à coup de corne, les trous par où se glisseront ses envies de millions et ses fièvres de curiosité.
Il pourrait ronger avec ses quenottes et passer — il préfère qu'un autre enfonce.
Il a flairé »on temps.
une grosse voix, u allui irrefonr, un
el de nforny, de Cocbonn
et d 'isso ; la bourgeoisie a plein le do
et veut paraître CO contre lui,
l'avoir préparé par u at
PS, et ses transportation tenta.
Miei! d»' ! 00 intérêt aussi, la poi
à Faire l( UI au Bonap I prunelles de
betla, 1 1 1 1^ 1 1 1 > • celle qui a an voile — surtout -là ! — lanceront le regard de colère et la lueur qui doit menacer le pouvoir !
Forum, ;\ co Laurier qui ttions féroces et se déle il au ne qui sent que le vent
ta paillasserie de l'éloquen ir la vulgarité môme de Gambef
• hanalit •
m bout des griffi une minute i
iu de ira U.uit ■
au lit!
Il a lu que Danton, avant d'éternuer dans le son, déclara qu'il ne regrettait pas la vie, ayant bien soiffé avec les buveurs, bien riboté avec les filles; et il fait le soiffeur, le riloteur, le Gargantua et le ■loquelaure !
Il se crée, autour de ses tapages et de ses orgies, une légende que Laurier chauffe.
Ce mélange de libertinage soulard et de faconde tribunitienne emplit d'admiration les petits de la conférence Mole ou les ratés du café de Madrid, qui s'en vont criant à la foule :
— Hein ! est-ce un mâle !
Cabotin ! cabotin !
Un article do la Hue m'a retiré le pain de la bouche. J'y signalais comme farceurs ou fusilleurs futurs les députés de Paris.
Désormais, les journaux de l'opposition me sont termes. J'ai osé toucher aux idoles : les bonaparti m'ont emprisonné, les tricolores vont m'affamer.
Chaque barreau «le l'échelle parlementaire poi te on des cinq coqs de la gauch ù déplumés, dont
j'ai tait saigner le croupion. Il-, ont juré, pour leur revanche, de me faire saigner l'estomac et le cœur.
On Délaissera pas pins gazouiller mes rosi littéraires qu'on
poliliqu é 1 1 lutte, le rire aux dents. Il
l'amir. i que ces dents s'allongent, on que
: te je dem md et que j'aille
leur lécher les botl
J'ai vraiment eu une ricti nt ces
deux cents lignes!... Elles me désignent à la calomnie et à la mont !
— Elles vous désignent au peuple aussi ! m'a dit un vieil insurgé, en me prenant le poignet et avec un éclair dans les yeux. Tenez bon, nom de Dieu ! et, aux jours de révolution, c'est vous que le faubourg appellera ; c'est eux qu'il collera au mur ! Rappelez-vous ce que je vous dis là, citoyen I
Tenir bon! Oh! si j'avais seulement la miche assurée, la chemise blanche, un galetas, i'ordinaire de la crémerie, — cent sous de rente par jour!
Je ne les ai pas!
Il va falloir gagner sa vie à tripoter encore les livres, à compiler les vieux, à pondre des œufs de cane pour les faiseurs de dictionnaires, qui, moyennant dix centimes la ligne, prendront le droit de m'humilier à plaisir, de me faire stationner dans l'antichambre, de hocher la tête en brocanteurs qui déprécient la marchandise qu'on leur apporte... surtout quand celui qu'ils exploitent est un failli du succès.
Oh! mieux vaudrait casser des pierres sous le grand soleil!
— Je t'écoute ! m'a crié Landriot, qui a lâché la Normale pour être secrétaire d'un gros bonnet de la Sorbonne, lequel a claqué et l'a laissé dans la panne.
Il est devenu la béquille l
que ai
Landriot, depuis i
it, et d'une [n'i
ambition de mon souhait avec son riro il' de gavroche agonisant.
11 a essayé de tout, lui — jusqu'à la mendicité !
Il i). 1 he pas, il lance son aven, avec les
lambeau poumons, à la face de cette société
qui a permis à li faim de lui ronger la poitrine l'honneur 1
Il est même cause que je passe pour un gredin auprèa de gens qui se contentent de le plaindre, et ver au récit et à la pantomime de la scène d'aumône.
— Moi, ai-je crié, j'aurais mieux aimé arrl l'homme et lui dire: «Donne-moi de quoi acheter du pain, ou je t'éti
[Il se sont voilé la face !
— C'est qu'il serait capable de le faire cornu
le .lit:
Oui, j'aurais préféré ali que a d'une born i . m u
; un mu
jeter à la rivière, que de ue pas g . probité
intacte. C'est un outil qu'il me faut conserver pur et tranchant comme une lame neuve.
Landriot a ricané de nouveau.
— Ta pro-bi-té? Tu en crèveras, comme moi de ma phtisie. Seulement, il faudra peut-être qu'ils te tuent, parce que, toi, tu es solide... Mais si tu te figures que tu vas manger ton saoul de par les dictionnaires, et avoir ton chalumeau de paille et ton droit au vin sur le radeau de Lachâtre ou de Larousse, il faut en rabattre, mon fiston 1 Moins qu'avant, je te dis ! Ils se tiennent comme les doigts du pied, les libérâtres, et tu as marché, ^avec tes sabots, sur leurs bottines. En quarantaine ! au Lazaret !... Ah ! il te reste une chance, néanmoins, celle de devenir poitrinaire aussi. Alors, ils te feront peutêtre la charité de te donner à rédiger des mots ayant rapport à ton mal. Et même, la veille de ton agonie, ils t'augmenteront, parce que tu n'auras eu qu'à coller, sur la page blanche, ton mouchoir plein de sang, pour décrire une pneumonie, comme Apelles, ce vieux birbe, peignit la rage !... Tiens! quand on ne croit ni à Dieu, ni à diable, on devrait se faire prêtre 1 On a au moins des hosties à mangerl Toi, imbécile. tu es l'hostie qu'on mange !
Heureusement, j'ai mon ardoise chez Laveur, le père nourricier de quelques vilains jeunes, comme moi, et de quelques beaux vieux, comme Toussenel et Considérant.
i/n fis
— Nous ne sonwm pas inquiets, al]
nous paierez à la façon de M. Courbet chez Handlre... quand ça lui plaît. El ne vous gênez pas pour les
ra ! Seulement, quand vqus serez quelque chose vous voua souviendrez de nous, n'est-ce pas?
Les simples ont tous l'air de croire que je serai « quelque chose » un jour, mais les éduqués haussent les épaules en entendant prononcer mon nom.
— Pourquoi, diable, vous occupez-vous de politique ! Avec ce que vous avez dans le ventre, si vous faisiez seulement de la littérature, l'avenir serait si
i [tour vous: tandis que c'est la misère, la prison... Tenez, vous êtes toqué I
— Moi d'abord, je rogne les basques! a dit, avec une moue significative, un tailleur des grands quartiers qui m'habillait depuis longtemps, et à qui je donnais de l'argent... quand j'en avais de trop. Comment I vous pourriez être député, et voua vous mettez à insulter les (ami ! Je ne travaille pas pour les barricadiers, je ne coupe pas des redingotes qui vont se salir contre les blou
Justement, j'avais besoin d'un complet de demifai-on.
Heureusement, un juif qui habille des camarades,
— a tempérament — a bien VOUln me prendie me-
et m'oflrir toute sa maison. Mais il i i é nier
un tock de velours tramé et, il tant que J'accepte an
bai penli
J'hésite, je soupire. Le juif en appelle â mes convictions. Un peu plus, il me traitait de renégat!
— ! Fus gui hêdes pur les hufriers, foyons ! Fus ruchiriez te hêdre hapillé gomme eusses ! Vaut bas êdre incrat, cheune homme, gui zait se gu'ils veront pur fus !
Lui aussi 1
A qui se fier: de l'insurgé, du patron de table d'hôte, ou de ce Schylockà tant par mois?
Lequel croire ?
Je n'ai à croire ni ceci, ni cela. J'ai à reprendre, tout connu que je suis, le collier des anciennes détresses.
Mais cette fois, si l'on appelle : « Aux armes ! » quand j'apparaîtrai, on me reconnaîtra, et si je suis vêtu en gueux, on saluera ma misère.
Seulement, il faut pouvoir attendre le moment de bien mourir — et c'est dur d'être en complet de commissionnaire, lorsqu'on a été un moment sur le chemin de la fortune et de la gloire.
C'est moi qui l'ai voulu.
Pourquoi n'ai-je pas baissé d'un cran mon pavillon? Pourquoi ai-je défendu les pauvres?
Mais où serait le mérite : si je vivais d'eux — com:ne leur vermine I
Sainte-Pélagie.
On a fait la noce un brin, hier soir, entre camarades, avant de me conduire à Pela go.
J'ai écrit deu* articles ches lea autres, depuis que la Hue est morte. Les deux tartines m'ont valu la prison.
Je suis entré un ; 'il
Ou m'a cru malade, et on m'a dépôché le pharru ici
Je me ^ui- lâché. Uu révolté avoir recours à l'apothicaire '
— Mais, monsieur, a l'ait lf Diafoirni, toul monde se drogne ici. Pour le moment, le pavi
1 à ma ui>
i un rieur. Il m'a donné des détails,
— I..- | politique! est di i
c unpi : ''' 113 qui vont et œui qui !!'• ' •
m', -ni. m i M i ■ a pi ii i in tout
1830 entre les deux. Ul y a un ancien disciple de Pierre Leroux — par exemple, je ne vous dis que ça !
C'est qu'il touche juste, le pharmacien, et qu'il a mis le doigt où il fallait I Non, 93 ne va pas.
Je vois, tous les matins, passer un homme qui porte, comme un calice sous un linge, une urne blanche. On dirait qu'il va dire une messe basse; mais il entr'ouvre une porte dérobée qui se referme sur lui, hermétiquement.
Quand il ressort, c'est si vite que je m'y perds, et je puis à peine glisser, sous la serviette, un regard qui dévisage le récipient. Je ne reconnais pas le ventre ordinaire, la panse familiale.
J'ai fini par soulever les voiles.
L'urne mystérieuse est un vase intime qui s'est grimé pour tromper le monde, un Thomas qui a pris des allures d'amphore; mais le bout de l'oreille passe... en un tuyau vert qui étrangle mes derniers doutes. D'ailleurs, l'homme s'est déboutonné, m'a dit tout, et m'a tout montré.
— J'en prends un tous les jours depuis trente ans, et je m'en trouve bien, vous le voyez.
— Oui. Seulement, pourquoi ne pas faire vider l'ostensoir par l'auxiliaire ?
Il s'est redressé, et, me fixant d'un air courroucé :