‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 20 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI

développement divergent des éléments essentiels que la première esquisse a révélés.

Contrairement à la conception aujourd’hui vulgarisée, qui fait de l’intellection un « épiphénomène » à la surface de la « vie » véritable, Thomas la considère comme l’action vitale par excellence, l’action la plus foncière et la plus intense des êtres intelligents. Contrairement à ceux qui voient dans l'intelligence une faculté essentiellement égoïste, il en fait la puissance essentiellement hibératrice de la subjectivité !, si l’on peut ainsi parler, la « faculté « de l’autre ». Plus généralement, elle est pour lui, comme on l’a bien dit ?, la « faculté de l’être », la faculté qui le plus véritablement prend, atteint, et tient l'être. Elle réunit l'intensité subjective et l'extension objective au plus haut degré, parce que, si elle atteint l'être, c’est en le devenant d’une certaine façon : en cela précisément consiste sa nature.

De ces deux caractères, immanence et extériorisation, c’est finalement l'immanence qui donne sa perfection à l'acte intellectuel. La raison propre de la supériorité de l'intelligence sur la volonté, c’est que, « à parler simple- « ment et absolument, mieux vaut posséder en soi la « noblesse d’un autre être, que d’avoir rapport à un « être noble qui reste extérieur » *. Si donc l’intelli-

1. Le mot subjectivité traduit ici l'individualité au sens thomiste, qui dit limitation et contraction autant qu'unité incommunicable. Dieu, pour S. Thomas, n’est pas « individuel. » (Pot. 7.3.)

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