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« émanation » dans les différents règnes de la nature. Selon la diversité des essences, — y est-il dit, — les émanations des êtres sont diverses, et, plus une nature est élevée, plus son émanation lui.est intime. Dans l'univers, les corps bruts sont à la dernière place, et parmi eux l'émanation ne peut se concevoir que par l'action d’un individu sur un autre : quand le feu produit du feu, c’est qu’un corps étranger est par lui altéré, modifié, et transformé en feu. Au-dessus des corps bruts sont les plantes : ici l'émanation procède déjà de l’intérieur, puisque c’est l’humeur intrinsèque à la plante qui se change en semence, et, confiée ensuite à la terre, croît et devient plante à son tour. C’est le premier degré de la vie, puisque ces étres-là vivent qui se meuvent eux-mêmes à agir, tandis que ceux qui ne peuvent mouvoir que les autres sont totalement privés de vie. Pourtant la vie des plantes est imparfaite, car, si l’'émanation y procède de l'intérieur, peu à peu cependant elle en sort, et l’être qui émane se trouve finalement extrinsèque au premier ; l'humeur, surgissant d’abord de l'arbre, devient fleur ; puis c’est un fruit qui, distinct de l'écorce, y reste encore attaché ; mais, quand le fruit est parfait, 1l se sépare complètement, tombe à terre, et, par la vertu du germe,