‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 39 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI

« tention de la fin ne consiste pas dans l’acte même de « la volonté. Car la volonté se portant soit à la fin « absente par le désir, soit à la fin présente par le repos « du plaisir, 1l est clair que le désir même de la fin n’est « pas l'obtention de la fin, mais un mouvement vers « elle. Quant au plaisir, il survient à la volonté dès que « la fin est présente, et ce n’est pas, inversement, le « plaisir pris dans une chose qui peut vous la rendre « présente. Il faut donc que ce par quoi la fin est rendue « présente à la volonté soit quelque chose d'autre que « l’acte de volonté. Et c’est bien clair quand il s’agit de « fins sensibles. Si c'était l'acte de volonté qui faisait « avoir de l'argent, l’avare en aurait tout de suite, dès « qu'il en désire ; mais d'abord l'argent est absent; il l’a « quand il le prend dans sa main, par exemple, ou en « quelque autre manière, et alors il prend plaisir à l’ar- « gent qu'il a. Il en est de même pour la fin intelligible. « D'abord nous voulons l'obtenir ; ensuite nous l’obte- « nons par le fait de sa présence en nous, au moyen de « l'acte d'intelligence ; et alors la volonté prend plaisir « et se repose dans la fin obtenue. Ainsi donc l’essence « de la béatitude consiste dans l’acte d'intelligence. ! » — Et ailleurs : « Ni la genèse physique... n1 beaucoup « moins le mouvement ne sont la fin... Ainsi, la fin der- « nière de la créature intellectuelle est de voir Dieu, non « d'y prendre plaisir; quant au désir et à l'amour, exis- « tant même avant la fin, ils peuvent beaucoup moins « être la fin dernière » ?.

Il est inutile de prolonger l'explication d’une théorie aussi claire. Le point caractéristique de la doctrine est la négation d’une prise quelconque par la volonté, dis-

Page 1