‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 41 sur 100 · PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — L'INTELLECTION EN SOI

Et, quand il examine ce principe, la raison intrinsèque qu'il en donne, c’est l'unité déterminée du but de la nature, visible à la plus rapide induction !. Le mouvement ne peut être fin, parce qu'il est dualité, multiplicité, dissemblance (difformitas), c’est-à-dire, parce qu'il est, par essence, mélange de puissance et d’acte, tandis que la perfection est élimination du potentiel par réplétion de la puissance. — Les volontaristes se trompent donc, selon S. Thomas, par confusion du mouvement et de l’action, par ignorance de l’acte immobile, qui est l’acte parfait. On peut dire d'eux, comme de ceux dont il est question au septième livre de l'Éthique, qu'ils ont erré « sur l'opération, l'identifiant avec le « devenir, alors qu’elle ne lui est pas identique, mais « qu'elle vient après. Car tout devenir a pour terme une « nature, mais l'opération est l’usage d’une forme ou « d’une nature » *. C’est un axiome scolastique que l'agent, en tant qu'agent, n’est pas changé, mais seulement en tant qu'il passe de la puissance à l'acte; et ce qui est dit de l'acte, doit s'appliquer aussi au plaisir, complément de l’acte : « Le plaisir sans mouvement est « plus intense que celui qui est mêlé de mouvement, « parce que ce dernier est dans l’ordre du devenir, et « l’autre dans l’ordre de l'être parfait » 3.

Où trouver d’ailleurs l’acte immobile et le plaisir sans changement, sinon dans l'opération intellectuelle ? Examinons le mouvement humain, c’est-à-dire l’histoire des actions des êtres dont l'esprit est enfermé dans la matière, nous trouverons que la multiplhcité quantitative des actes tend à l'unité singulière d’un but, qui est la

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