‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 42 sur 100 · In 7 Eth. L. 12. 8. In 7 Eth · texte numérisé non relu

In 7 Eth. L. 12. 8. In 7 Eth

reconquête de l'unité qualitative du semblable. La matière, c’est l'être où l’un est absolument impénétrable à l'autre !; l'esprit est ce qui, restant l’un, peut devenir tout l’autre. Les intuitifs purs possèdent dès le début, chacun selon sa nature, cette unité totalisante ; les hommes y tendent en multipliant des actes laborieux : leur but naturel est de réaliser en eux la puissance de l'esprit, d'arriver au maximum de conscience, de devenir monade réfléchissante du tout (ut in ea describatur totus ordo universi). C’est l'unité de ce but qui met l'unité intelligible dans la série complexe de leurs mouvements. Tout ce qui chez eux est tendance, est essentiellement ordonné à émerger dela regto dissimilitudinis dans la patrie lumineuse de l'esprit. Tant qu'il existe encore deux esprits ou deux groupes d’esprits qui n’ont pas communié, qui ne se sont pas saisis mutuellement, qui ne se sont pas enrichis l’un de l’autre, il y a encore une potentialité qui appelle un mouvement. Quand, au terme du dernier mouvement, la dernière potentialité est actuée, le mouvement n’est plus concevable, et l’acte de volonté qui demeure ne peut plus être autre que consentement et plaisir. Tout autre état est mouvement encore ; celui-là seul est à la fois acte et repos ?.

La conception statique de la perfection, qui réfute les

1. La matière des scolastiques peut se décrire : ce qui est apte à devenir l’autre, mais successivement, in sensu diviso, en cessant d'être soi. Impénétrante, et impénétrable à son congénère, elle est aussi de soi impénétrable à l'esprit (elle n'a pas d'idée à part, Ver. 3. 5), et n’a droit à l'être, à l’intelligibilité, que par conjonction avec une forme qui en fasse une essence. «

2. « Assimilatur quieti. » — M. F. C. S. Schiller, dans un article très suggestif sur l’èvéoyerx dxivnotas (Bibliothèque du Congrès international de Philosophie. Paris, 1902, t. 4), fait justement remarquer qu'apemia, dans l'espèce, se traduirait plus exactement constance que repos.

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