‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 48 sur 100 · a 2ae q. 49 a. 5 ad · texte numérisé non relu

a 2ae q. 49 a. 5 ad

la multitude de l’unité ; selon Boëce, son rapport à l'intellect est comme celui dela circonférence au centre, ou du temps à l'éternité. Ce qui lui est propre, c’est de se répandre à l’entour de beaucoup d'objets, et d'en rassembler une connaissance simple ; l’intellect, au contraire, voit tout d’abord une simple et unique vérité où 1l prend la connaissance de toute une multitude : c’est ainsi que Dieu, en percevant son essence, connaît toutes choses. On voit donc que le raisonnementse résout à l'intellection et s'y termine, et qu'aussi l'intelleation est principe du raisonnement qui additionne et qui cherche ! ». « La rationalité est une qualité du genre animal : elle ne doit être attribuée ni à Dieu ni aux anges ? ». « Les intelligences inférieures, celles des hommes, arrivent à la perfection dans la connaissance de la vérité par un mouvement et un discours de l'esprit, parce que de la connaissance d'une chose elles passent à celle d’une autre. Mais si tout aussitôt, dans la connaissance même du principe, les hommes voyaient et savaient toutes les conclusions qui en suivent, ils ne seraient pas discursifs. Et c'est le cas des anges qui, d'emblée, et dans leurs premières connaissances naturelles, voient tout ce qui y peut être connu. Et pour celails sont dits intellectuels, parce que, méme chez les hommes, les appréhensions immédiates et naturelles sont dites des intellections. Les âmes humaines, elles, qui acquièrent par un certain discours

4. In Trin. 6. 1, K 3. (t. XXVIII, p. 543). La double fonction ici

assignée à l'intellect est celle qui le caractérise le plus nettement chez S. Thomas. (Voir surtout Ver. 15. 1. Cp. Aristote. Eth. Nic. VI. 12: : 6 voüc toy écyarwv tr” ’aupôteoa). Il serait sans intérêt pour l'objet de notre étude de noter ici tout le détail de son usage en cette matière.

2. 1 d. 25 q. 1 a. 1 ad 4. « Rationale est differentia animalis, et

Deo non convenit nec Angelis. »

« la connaissance de la vérité, sont appelées rationnelles. « Et c’est la faiblesse de leur lumière intellectuelle qui «en est cause ! ». « C’est l’imperfection de la nature «intellectuelle qui est cause de la connaissance par « raisonnement, parce que la chose connue par le moyen « d’une autre est moins connue que celle qu’on connaît « par elle-même, et la nature du sujet connaissant ne « suffit pas à connaître la première en l'absence de la « seconde. Or la connaissance par raisonnement use de « moyens termes, mais ce qui est connu intellectuelle- « ment est connu par soi, et la nature du cpnnaissant « suffit à cette connaissance, sans médiation de rien « d'extérieur. Il est donc manifeste que le raisonnement « est un défaut d'intelligence (quod defectus quidam « tntellectus est ratiocinatio ?) ». Et encore : « La cer- « titude de la raison vient de l’intellect, mais la néces- « sité de la raison vient d’un défaut de l'intellect : ceux « qui sont pleinement intellectuels n’en ont pas besoin».

J'ai cru nécessaire cet amoncellement de textes. C’est que, si l'on reconnait volontiers l’imperfection composite, ou l’origine sensible de nos idées, comme un dogme

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