q.13 a. 12 ad 1. C'est une citation du faux Denys
218,0. Gr NC Tarim 02
Es
notion, étant non seulement limitée, mais concrète ou complexe !, appelle un jugement négatif. Les trois « voiles, de causalité, de négation, d’éminence », intègrent en réalité un unique processus ?, que me rappellent les noms inventés par le pseudo-Denys. Quand je dis supersapiens, après sapiens et non sapiens, la singularité du terme me fait souvenir que toute perception doit être accompagnée de la négation de mon mode de percevoir, pour que je puisse viser plus d’être. — On voit aussi pourquoi Dieu, dépassant toutes les catégories, ne doit être dit « ni espèce, ni individu », « ni universel ni particulier » 3. Ce sont là des déterminations qui supposent le genre.
Les mots, d’ailleurs, ne doivent pas faire illusion. Le troisième. moment du processus analogique consiste à tâcher d’unifier les deux premiers. Mais une conception correcte du second montre que l'intuition de l’ensemble est à jamais absente. Rien ne m'empêche assurément d'imaginer un mot pour l’objet visé par les multiples démarches de mon esprit, s'il m'est prouvé que cet objet existe. Mais, le mot trouvé, les idées n’ont pas bougé d’une ligne : elles ne se sont pas fondues en une idée, pas plus qu’un tas de malles sur lequel on jette une bâche ne devient du coup une seule malle. Le langage humain peut tout recouvrir et beaucoup suggérer, mais l’on ne retrouvera jamais en lui plus que n’y peut mettre lintellection humaine. Ainsi, je puis vouloir parler d’un cercle carré et l'appeler le cercle A : le choix d’une étiquette n’a pas rendu l’objet plus pensable. L'idée de Dieu, qui n’est pas contradictoire, est complexe : écrire
1 NM bone lene Potro retinelrin 9.19. le 6 1e GONE
Ipsum Esse en un seul mot n’unifierait pas le processus mental. Le « nom analogique », — si l'on n'attribue pas à Dieu des noms réservés à la façon de Denys, — a seulement cette différence avec l’idée analogique, qu'il est une même enveloppe qui sert successivement à deux contenus différents. Lui-même, d’ailleurs, s’il n’est pas inventé de toutes pièces, révélera à l'esprit son insuflisance. Car le langage ne nous offre, pour couvrir nos fantômes d'idées, que deux sortes de masques, noms concrets et noms abstraits ; nous avons vu que toujours la réalité les déborde. Que nous disions Dieu vivant où Vie, nous parlons toujours mal.
En résumé donc, les deux critiques parallèles du langage et de l'intellection nous lapprennent : nous sommes si peu aptes à saisir par l'idée pure les intelligibles subsistants, que nous n’arrivoñs même pas à nous former de leur nature une notion subjectivement une. Revenons donc aux essences matérielles : nos non scimus nisiquaedam infima entium 1.
Cette doctrine de l’analogie, qui permet l'affirmation du supra-sensible, mais en renvoie à une autre vie la perception, laquelle est pourtant l'exercice propre de l'intelligence, avait le double avantage de rendre compte
1.3 C. G. 49. — Il est notable que S. Thomas n'aurait pas eu à signaler l'impossibilité de se faire des idées unes du suprasensible, s’il eût adopté, au lieu de sa doctrine de l’analogie, la théorie bien plus commode et simpliste du symbolisme. Il ne l’a pas fait. C’est à tort, en effet, qu'on donnerait cette portée générale au curieux passage De Anim. 9. 18, où S. Thomas vise seulement la tendance qu’a l'homme de revêtir d'images concrèles ses idées du spirituel.
de nos désirs intellectuels les plus audacieux, et d’en proclamer, pour ici-bas, la perpétuelle vanité. Elle pose les fondements d’une critique de l’intelligence sous la forme humaine. Reste à savoir si les principes en ont été suivis avec assez de rigueur, et si un examen analogue des idées que nous avons des substances matérielles n'aurait pas dû étendre, aux yeux de S. Thomas, le domaine de la connaissance analogique et dissiper quelques illusions qu'il garda.
Les substances matérielles, les « êtres infimes » euxmêmes, comment les connaissons-nous ? L'intellection, avons-nous dit, est parfaite dans la mesure où elle saisit l'être tel qu'il est. Or, l'être proprement dit ou la « substance première », c’est, dans notre monde, le composé de matière et de forme qui constitue l'individu. La nature humaine n’a pas d’être hors des principes individuants, et, parce que la vérité se mesure exactement sur l'être, « la vraie nature humaine » connue « dans Pierre ou dans Martin comprend telle âme et tel corps ». Qui ne possède de l’être matériel qu'une notion incomplète, ne peut porter sur lui un jugement absolu !. Les intuitifs purs en ont des idées véritables, eux dont la perception concentre en son indivisible unité toutes les déterminations qui vivent ensemble dans l'unité réelle de l’objet ?.
Mais l'intelligence humaine, au lieu de percevoir le singulier, conçoit à son occasion l’idée de l'essence, et a besoin des puissances sensitives pour appréhender « d’une façon quelconque » l'individu #. — Si l’on rap-