Cp. 3 d. 20 a.5 sol
21Ouodl 71273 "adue
3. Notre perception du singulier a donc ceci de commun avec les
idées analogiques, qu’elle n'est pas intrinsèquement une, ni directe, mais s'opère par une réflexion du sujet sur ses actes.
proche cette aflirmation de celle qui proclame lexelusive réalité du singulier, à quoi faut-il conelure ? à une contradiction entre l’ontologie et la théorie de la connaissance ? C’est ce que plusieurs reprochent à Aristote, et ce qu'on aurait certainement le droit de reprocher à un penseur qui, maintenant l’adéquation intellectualiste de l'être et de l’idée, ne supposerait cependant d'autre intellection que l’intellection humaine. Mais c’est ce qu’on ne peut reprocher à S. Thomas, qui, comme légitime conclusion du problème, reconnaît expressément une disproportion entre notre intelligence et l'être, l’appréhension de celle-ci étant trop confuse et vague pour saisir toute la détermination réelle de celui-là. Cette moindre estime de la connaissance conceptuelle se fait jour en des textes très clairs. « La nature de la pierre, « ou de toute autre chose naturelle, ne peut être connue « complètement et vraiment hors le cas de la connais- « sance qui la saisit dans un sujet singulier » !. Et encore : « Entre les connaissances intellectuelles, celle
« de l'intelligence humaine est la dernière ; aussi les « espèces intelligibles sont reçues dans notre esprit avec « la plus minime eflicacité intellectuelle, si bien que par « elles l'intellect humain ne peut connaître les choses « que quant à leur nature universelle, générique ou spé- « cifique.. C’est pourquoi nous connaissons le singulier « par les sens, l’universel par l'intelligence ». Et plus loin : « Plus une puissance connaissante est élevée, plus
« Per quamdam reflexionem, in quantum scilicet ex hoc quod apprehendit suum intelligibile, revertitur ad considerandum suum actum, et speciem intelligibilem quae est principium suae operationis, et eius speciei originem; et sic venit in considerationem phantasmatum, et singularium, quorum sunt phantasmata... » (De Anim. 20 ad 1 in contr. De même 4 d. 50 q.1 a. 3, ete.).
LME Etat
« elle est universelle : ce qui ne veut point dire qu’elle « connaisse seulement la nature universelle, car alors, « plus elle serait haute, plus elle serait imparfaite, « puisque ne connaître qu'universellement, c’est con- « naître imparfaitement, et rester entre la puissance et « l’acte. Si donc l’on dit que la connaissance plus haute
< est plus universelle, c’est parce qu’elle s’étend à plus
« d'objets, et pénètre chacun d’eux plus intimement » {.
Les principes de l’ontologie thomiste nous permettent de caractériser mieux cette imperfection, cette disproportion entre l'idée humaine et l'être. Il ne suffit pas de dire qu'on est ici en présence d’une connaissance inadéquate : on peut, suivant S. Thomas, connaître les individus par intuition, sans pourtant les épuiser ; c’est le cas des Anges ?. — Il n’est pas fort exact de dire : connaissance partielle. Car, dans l'essence réelle, S. Thomas, à part les accidents et l’esse, ne connaît qu'une composition réelle, celle de matière et de forme; le principe individuant est pour lui la matière même, intrinsèque à l’essence réalisée, et qui n’en saurait donc être adéquatement distinct. Mais dire que, d’après lui, l'esprit connaît la forme physique (comme anima), et ignore la matière (comme corpus), c'est faire une confusion grave et une erreur *. — Done, ce que l'esprit con-