In 2 Phys. 1. 5 — Cp. 2 d. 3 q.1 a.6, etc
3. Ver. 10. 6. — 1a 24e q. 49 a.2 ad 3 — In Trin. 1. 2. — Opusc. 26. ch. 6.
4. « Secundum quod quale invenitur in genere substantiae secundum quod differentia substantialis dicitur praedicari in eo quod quale. »‘In 5 Phys. 1. 4. — Sensitif et raisonnable sont des différences per se, l’une générique, l’autre spécifique, prises des puissances (vue, odorat, intelligence...), mais appliquées aux natures elles-mêmes. (De Anim. 12. 8. — De même 4 d. 44 q.1 a.1 sol. 2 ad 3; Ver. 10. 1. 6, etc.)
est vraiment atteinte, vue, touchée. En résumé, « notifier » le chameau par la couleur de son poil serait s'arrêter à un accident très extérieur ; décrire sa taille, sa physionomie, sa bosse, serait donner une bonne base de classification zoologique, mais il ne sera vraiment défini que lorsqu'on pourra nommer la « complexion » particulière qui contraint en lui la nature animale générique à telle espèce, en la déterminant à telle ou telle façon de sentir !. S. Thomas croit qu'il peut être défini. On peut dépasser toute la multiplicité des accidents physiques et parvenir à leur source unique et commune. La définition idéale, métaphysique, est une comme l'essence : siëmpliciter significat unum
1. In 2 An. 1. 5. 73 a. « Diversificantur species sensitivorum secundum diversas complexiones, quibus diversimode se habent ad operationes sensus. » — In 7 Met. 1. 12 : l'essence du lion est d'être un animal « (quod habet animam sensitivam) talem, scilicet cum abundantia audaciae. » Cp. in Trin. 5. 3. (t. XX VIII, 534 a.) S. Thomas veut exprimer dans un mot le principe d'harmonie intérieure qui conditionne tous les détails. La recherche de cette note une, originale, et n'excédant pas l'espèce {« in... equis, puta hinnibile ». 2 Post. 1. 16) contredit certaines réponses d'un sage agnosticisme données ailleurs (2 Post. 1. 13) et qui réduisent l’œuvre de la définition à circonserire et notifier le défini comme le seul objet où se rencontrent ensemble un certain nombre d’accidents communs. C’est précisément parce qu'il a devant les yeux cet idéal, que S. Thomas distingue si soigneusement de la définition parfaite, non seulement les « notifications » extérieures, an l'aide des KMpropriétes Un EMEA LMI STE Post. I. 8), mais encore (1 d. 1 Exp. t.) les définitions par causes partielles. Il affirme souvent qu'on peut donner d’un même objet diverses définitions prises des diverses causes, mais il tient toujours qu'une seule est parfaite, qui renferme toutes les autres. (8 d. 23 q.2 a.1 ad 8; in 1 Post. ]. 15; in 2 Phys. l. 5; 1a 22 q.55 a. 4, etc.). Il y a plusieurs définitions « comme il y a plusieurs quiddités d’une même chose » (In 2 Post. 1. 7. 250 b.) ; ce sont donc, selon sa doctrine, des coups d’œil abstractifs et partiels. Cp. le principe (Pot. 7. 6) : « unius formae non potest esse nisi una similitudo secundum speciem, quae ‘sit eiusdem rationis cum ea ; possunt tamen esse diversae similitudines imperfectae ».
CHAP. Il. — PREMIER SUCCÉDANÉ DE L'IDÉE PURE : LE CONCEPT 107
de una re, cuius ratio est... quia essentia cuiuslibet rec est una !.
Nous constaterons plus loin l'influence de cette conception sur l’épistémologie thomiste, et comment elle tendait à imposer à toutes les sciences la forme déductive. Pour le moment, une seule chose nous importe cette prise parfaite des essences est-elle en harmonie avec les principes noétiques jusqu'ici exposés ? Ou S. Thomas eût-1l été plus conséquent, en ne parlant pas ici de connaissance des quiddités « telles quelles » ? Fallait-il dire analogiques nos notions des substances matérielles, si la notion analogique se définit par opposition à la présence vitale, à l’idée qui du même coup et directement représente la chose et unifie la conscience, parce qu'elle est image de l'être tel qu'il est ?
Il me parait que la dualité même des termes, essentelle à la définition selon S. Thomas, aurait dû lui imposer cette manière de voir. Dualité de termes veut dire ici dualité d'idées, car l’espace laissé entre les sons ne fait rien à la chose, et lui-même semble bien le reconnaitre?. Mais, tant qu'il y a dualité d'idées, l'essence n'est pas comprise « comme elle est. » À quelle réalité, en effet, correspond, d’après S. Thomas, la diffé-
1. In 2 Post. I. 8. Cette théorie de la définition est d'inspiration toute semblable à celle de l'explication des êtres par « l'opération maitresse » et le « caractère dominant. » (V. au tome Ier de la Philosophie de l’art, de Taine, la fameuse description du lion: elle a été citée par des néo-scolastiques comme illustrant très heureusement leur notion de la forme.) On y prend sur le vif la prétention de l'intellectualisme anthropomorphique de plaquer sur l'être l'unité que postule l'esprit. C’est pour cela mème que S. Thomas peut être accusé de n'être pas ici d'accord avec lui-même : cette conception de la puissance de nos formules appelle logiquement la déduction des espèces réelles, et la réduction du multiple harmonisé, à l’un rationnel, qui sont contraires à ses principes (p. 116).
2Np. 108; note 2: Ë
rence ? à une contraction, à une détermination éntérieure du genre. « Animalité » n’est « distincte » de « léonité » que pour notre considération ; malgré toutes les métaphores, le genre reste une « notion du second degré. » De même qu’on ne peut concevoir proprement la matière sans rapport à une forme, et inversement, — de même on ne pourra concevoir proprement l’animalité que comme humaine, léonine, canine, ou autrement spécifiée : la connaissance propre est, par définition, entièrement symétrique à l'être !. Si donc les deux idées du genre et de la différence sont propres, il y a entre elles coïncidence et fusion. On a la prise parfaite de l’intelligible, de l’ens et unum, mais, comme ce n'est plus morceler, ce n’est plus définir ?. « La différence et le
1. Le système de Scot, avec sa distinction formelle ex natura ret, appelle tout naturellement l'équation de l'intelligible et du définissable. Mais quand S. Thomas dit qu'on conçoit ou qu'on définit par addition, et compare ce procédé au discours syllogistique (Quodl. 8 a.4. Cf. In Trin. 6. 4. ete.), il doit nécessairement penser, pour être d'accord avec ses principes, qu'il décrit un mode de connaître par fragmentation, très inférieur à l'idéal de l'intelligence. Sa doctrine de l'être l’oblige à considérer toute abstraction comme une impuissance. Il a raison sans doute de rapprocher la théorie de la différence unique de celle de la forme unique (In 7 Met. 1.12. 21 b. « Si enim essent plures formae secundum omnia praedicta, non possent omnes una differentia comprehendi, nec ex eis unum constitueretur » }, mais il aurait encore plus raison de refuser la perfection idéale à ce concept doublé qu'est la définition. (Si parfois il déclare que le genre répond à la matière, et la différence à la forme, on sait qu'à l'exemple d’Avicenne, il ne voit dans cette formule qu'une métaphore. La matière et la forme ne font pour lui qu'un être, et n’ont qu'une idée).
2. « Ipsa enim definitio, scilicet secundum se, oportet quod sit divisibilis » (In 5 Met. 1. 6. 535 a. cp. Ar.) Les notes peuvent être plus nombreuses que deux (In 2 Post. 1. 15. 275 a.), mais l'idéal est de trouver un genre prochain qui résume les genres supérieurs (In 7 Met. 1. 12. 18 b. 20 b.), et le nombre des mots est purement accidentel. Ce qui est capital, c’est qu'il reste deux idées : « In specie hominis intelligimus animal et rationale. » 1 q.12 a. 10 ad 1, etc.
« genre, dit S. Thomas, font un seul être, comme la « matière et la forme, et comme c’est une seule et même « nature que la matière et la forme constituent, ainsi la « différence n’ajoute pas au genre une nature étrangère, « mais détermine sa nature à lui ! ». La conclusion s'impose : dans le concept, où cette unité est brisée, il faut reconnaitre autre chose que la pure transposition de l’ « état réel » à | « état intelligible », il y a décomposition, connaissance impropre et analogique.
On pourrait encore raisonner ainsi : l’essence réelle comprend la matière, et l'essence absolue comprend la matière commune. Mais la connaissance intellectuelle de la matière ne se conçoit, chez S. Thomas, que de deux façons : chez les esprits purs, qui puisent leurs idées dans celles de Dieu, l'esprit atteint en elle-même la singularité matérielle ; chez les hommes, qui reçoivent leur connaissance des objets, toute idée de la matière spécifiée dit nécessairement retour, réflexion sur une perception sensible. Ce retour, introduisant dans la notion une complexité comparable à celle des idées analogiques étudiées plus haut, empêche pour jamais l'unité de l’idée d’une substance matérielle. C’est dire que les notes ne sont pas propres. Cette explication, qui rappelle les principes les plus universels de la noétique thomiste, a l'avantage de faire voir immédiatement que toute idée générale des substances est nécessairement une idée analogique, et que l’idée propre n’en saurait être abstractive, mais condensatrice & priori. C’est ainsi que les anges perçoivent les choses par des formes innées, naturelles à leur intelligence, et qui sont le type de tout l'être : matière et détermination. Les idées de