‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 64 sur 100 · QU LE · texte numérisé non relu

QU LE

TS

tables de belles formes » comme aux « auditions de suaves mélodies », ce sont là plaisirs de la connaissance sensible ; les plaisirs spéculatifs semblent réduits à la « contemplation certaine du vrai ! ».

La racine profonde de cette moindre estime pour l’art estune méconnaissance de la valeur intelligible qu'a son objet, la synthèse singulière. Album musicum non est vere ens, neque vere unum ? ! Parce que les conjonctions d'accidents sont fluentes, et que la raison scientifique veut des objets qu’elle puisse fixer hors du temps, le philosophe raisonneur les méprise. Album musicum non est vere ens. Il n’est pas pas difhcile de faire sentir aujourd’hui quel potentiel d’irréalisme est emmagasiné dans ces paroles, et tous savent qu’au contraire, l'être vrai, ce n’est pas « l’homme » en aucun état d’abstraction, mais « Socrate musicien blanc ». — Neque vere unum. L'unité est toujours corrélative de l'être. Les progrès de la psychologie expérimentale et historique, la critique littéraire renouvelée, — pour ne parler pas d’autres sciences, — nous ont appris Jusqu'à quel point l'intelligence est capable de discerner et de recréer dans son sein cette harmonie originale et intime, qui rend un homme si profondément différent d’un autre homme, parce qu'elle fond dans l’unité de son être la diversité de tels ou tels accidents. La qualité n’est pas à part de la quantité, la taille influence parfois le caractère, les « climats » ne sont pas entièrement sans action sur les « humeurs » ; il se trouve même qu'on peut reprendre

1. In 10 Eth. 1.6. — S. Thomas répète pourtant volontiers que l’homme, seul entre les animaux, se complaît dans la connaissance des objets sensibles pour cette connaissance même, ou (ce qui est identique) pour la beauté des objets. (In 2 Cael 1. 14. — 1 q.91 a.3 ad 3, etc.)

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