‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 67 sur 100 · Voir Pot. 3. 9, 7. — Cp. Mal · texte numérisé non relu

Voir Pot. 3. 9, 7. — Cp. Mal

séparerait encore de lui. L'origine sensible de toute cette science l’empêcherait de devenir jamais autre chose qu’un ensemble de pièces rapportées, et, par corrélation nécessaire, un système d’abstractions, non d’intuitions. Nous concevrions toujours fatalement, avant le jugement réflexe de correction, chaque détermination et chaque synthèse particulière comme communicable. Nous resterions donc encore parqués à notre place, infimes parmi les êtres intellectuels. La ratio imiterait seulement l’intellect d’une façon plus savante et plus raffinée.

Le danger même qu'on court de se méprendre, et de croire posséder l'intuition quand on a poussé très loin l'analyse « qui en est la négation même », empêche de regretter ces sentences trop absolues prononcées par S. Thomas sur la valeur spéculative de tout ce qui n’est pas le concept quidditatif. Le point essentiel, une fois donnée l'idée d’intellection prenante que nous avons exposée dans la première partie, était de voir nettement que l'intuition de l'être réel extérieur, dans sa singularité, nous manque. S. Thomas l’a vu. Plusieurs de ceux qui vinrent après lui, comprenant mal la notion de saisie et de possession intellectuelle, négligèrent l’essentielle différence de l'intuition et du discours. Les mêmes Scolastiques mirent et le discours dans les Anges, et, dans les hommes, l'intuition intellectuelle du singulier. Ce nivellement de l'intelligence ut sic et de l'intelligence à forme rationnelle bouleversait toute la philosophie, et ne faisait plus voir que des puérilités où, auparavant, 1l y avait des profondeurs. Il ne faut qu'avoir compris la logique interne du système scotiste, pour bien voir que l’intellectualisme, s’il est « anthropocentrique », devient contradictoire.

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