In 1 Met. 1. 2. — Cp. in Trin. 6. 1. (542 b. multo plus
tifique vient de ce qui est le plus général et le plus abstrait. La métaphysique est à la fois ce qu’on apprend après tout le reste !, et ce qui « prouve tout le reste ».
Nous pourrions encore confirmer notre manière de voir, en examinant ce que S. Thomas entend par « démontrer ». Le concept de démonstration définit, pour lui, celui de science ?. Sans doute, la démonstration est double, étant parfaite ou imparfaite : la parfaite part de principes « vrais, premiers, immédiats, antécé- « dents, plus clairs, causes de la conclusion », son moyen terme est la définition essentielle ; la démonstration imparfaite part de principes plus clairs pour nous, et prouve, par exemple, la cause par les effets %. Mais la démonstration imparfaite, qui donne le fait, et non le pourquoi, est comme à côté de la science vraie, elle n’y entre que dans certains cas déterminés, où elle se trouve convertible en démonstration par la cause. Elle est, d’ailleurs, auxiliaire de la science, quand elle sert à préparer la définition (en permettant, par exemple, de classer une substance sensible dans un genre déjà connu). Mais la définition n’est proprement conclue d'aucun raisonnement syllogistique : elle est le fruit de l'induction large où constatation réitérée. Donc la démonstration du pur fait, si elle n’aide pas à passer au-dessus d’ellemême, doit être exclue du domaine des sciences, pour passer à celui des industries.
Il semblerait que c’est là aussi, dans le domaine pra-
AmAeMEt.:1:2.
2. In 4 Met. 1. 1 (471 a.). In 2 Post 1. 20 ad fin. — In 1 Post L. 1, la démonstration est décrite « rationis processus necessitatem inducens, in quo non est possibile esse veritatis defectum, et per huiusmodi rationis processum scientiae certitudo acquiritur ».
3. Voir l'Opusc. 34, de Demonstratione, d'authenticité à peine douteuse. Plus brièvement dans la Somme, 1 q.2 a.2.
tique des « arts utiles », que S. Thomas eût dû reléguer l'induction dite aujourd’hui scientifique, s’il s’en était fait une idée nette !. Non qu'il eût poussé le paradoxe jusqu’à la juger scientifiquement indifférente. Mais, ses résultats étant indispensables à qui veut savoir, ses procédés, dans l'ouvrage de luxe qu'était pour lui la science intellectuelle, auraient dû demeurer cachés. L'esprit, une fois la « science » faite, ne doit plus rien voir que la descente harmonieuse et lumineuse des déductions.
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On pourrait, en groupant habilement des textes, donner une impression toute contraire à celle qui doit ressortir du paragraphe précédent. On ferait un mérite à S. Thomas d’être resté fidèle, malgré toute sa confiance en l’esprit, à la tradition expérimentale d’Aristote. On montrerait que, dans sa théorie des sciences naturelles, il a fait à l'observation des phénomènes la première place. « Dans l'enquête de la vérité en matière de « sciences naturelles, écrit-il, quelques-uns sont partis « des raisons intelligibles, et ce fut le propre des Plato- « niciens ; d’autres sont partis des objets sensibles, et « ce fut, comme l’a dit Simplicius, le propre de la phi- « losophie d’Aristote » ?. Aïlleurs encore il critique, après son maître, l’apriorisme, |” « inexpérience » des Platoniciens ?. Il déclare avec lui que, dans les sciences
1. Ce qui n’est pas. V. le jugement de M. Mansion dans ses excellents articles sur l’Znduction chez Albert le Grand (Revue Néo-Scolastique, 1906, pp. 115 et 246).