Cp. le texte déjà cité de Ver
de la partie, l’on n’a plus une complexité rationnelle pour mimer l’Idée pure, mais une complexité artistique pour mimer la rationnelle. Le Système et le Symbole, fruits de cette collaboration d’un nouveau genre où l'imagination a sa place, sont donc des succédanés de la science totale. — Et si l'on coule le probable dans les mêmes moules rationnels que le certain, afin que l’ensemble produise une impression unique, et que la raison, impuissante à la déduction absolue, puisse du moins s’en offrir l'illusion, le philosophe devra toujours pouvoir distinguer en soi deux personnages, un poète qui rêve, un savant qui prouve. Beaucoup d’esprits, au moyen âge, étaient assez souples pour ce jeu !, et, dans le cas particulier de S. Thomas, on peut assurer que, si le plaisir intellectuel était grand, la raison n’en était pas dupe ?.
Il est assez rare que S. Thomas s’arrête à doser la certitude de ses assertions. Il serait pourtant relativement facile, croyons-nous, de distinguer en sa doctrine ce qu'il estimait probable et ce qu'il jugeait certain, si du moins l’on s’en tenait à la philosophie pure. Sans doute ce travail exigerait qu'on s’engageät trop à fond dans le matériel de son système, pour qu’il soit possible même de l’esquisser ici. D'autre part, pour donner une juste idée de la coexistence subjective des deux méthodes, il ne suflit pas d’en citer les théories fragmentaires qu'on peut recueillir çà et là : seule, la lec-
1. Lequel est dans la tradition grecque, non seulement platonicienne, mais aristotélicienne. Un exemple typique du procédé se rencontre au second livre du Ciel, où les hypothèses astronomiques sont accompagnées de la jolie réflexion : e” zt6 àt% +ù vihosovius dry xai ptxpdc ednopiac dyang neo &v tac meyiorac Éyomev amoolas (B412);