‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 8 sur 100 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

La dernière objection que nous avons transcrite marque le point précis où l’intellectualisme thomiste échappe finalement aux prises de ses adversaires, parce que l’objection s’y révèle clairement comme un contresens. On croit porter un coup décisif, mais ce n’est plus S. Thomas qu’on touche.

« Ce n’est pas une Idée qui est au sommet de tout, c’est une Personne spirituelle ». Cette assertion suppose entre /dée et Personne spirituelle un contraste que S. Thomas n’admet pas. Car c’est précisément le principe fondamental de sa métaphysique intellectualiste, que toute Personne spirituelle est une Idée, qu'il y a identité parfaite entre Idée et Réalité spirituelle f. « Intelligent en acte » et « intelligible en acte » sont pour lui deux notions convertibles. Les vraies Idées, les vrais « noumènes », comme on dirait aujourd'hui, sont les esprits purs, les « Intelligibles subsistants ». L’intelligible est, par essence, du vivant, du substantiel. Connaître, c’est principalement et premièrement saisir et étreindre en soi un autre, capable aussi de vous saisir et de vous étreindre, c’est vivre de la vie d’un autre

vivant ?. L'intelligence est le sens du divin, parce

« volontariste », représentée par S. Anselme, Robert Grosseteste, Duns Scot, etc., serait plus apte que l’intellectualisme thomiste à satisfaire les besoins profonds de l’âme religieuse.

1. Le dogme de la Trinité laisse cette doctrine intacte, puisque chacune des trois Personnes est réellement identique à l’'Essence divine.

2. Il n’est pas nécessaire pour cela que la connaissance soit immédiate, c’est-à-dire que la Réalité par moi connue soit identiquement l’idée même que j'en ai. Ce serait là l'idéal suprême de la prise intellectuelle de l'être; il ne se réalise, d’après S. Thomas, qu'en deux cas : celui des intuitions du moi actuel par lui-même et celui de la vision béatifique.

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