Cicéron, De Finibus, IV. xv
2. Ces théories n'intéressent qu'indirectement l’intellectualisme, par l’assouplissement qu’elles comportent du rigoureux concept de nature, par le jeu qu'elles laissent au système des relations apparemment rigides qui relie chaque essence à sa fin. (V. 3 q.9 a.2 ad 3. — 2a 24e q.2 a.3. — 12 22 q.113 a.10).
« composé d’âme et de corps, d'intellect et de sens : si « l’on laissait tout cela à sa nature, l’intellect serait en « quelque manière alourdi, empêché, et ne pourrait « librement parvenir au suprême sommet de la contem- « plation. Cette aide fut la vertu originelle, qui devait « totalement soumettre les forces inférieures et le corps « même, et permettre à la raison de tendre à Dieu ! ».
Ces paroles n'impliquent pas l’ordination à la vision intuitive. La question de la vertu première, comme celle du péché originel, est logiquement indépendante de celle du surnaturel strict. Mais elles introduisent dans la métaphysique du péripatétisme un concept nouveau : celui d’une dualité de fins pensable pour une même espèce, et d’une certaine impuissance de quelques êtres à atteindre ce qui pour eux est le meilleur, à cause de la perfection même de leur nature, qui requiert un concours d’heureuses circonstances difficilement réalisé. On passe de là à concevoir l'extrême convenance de la vision pour toute nature intellectuelle. Sans doute, les raisons données pour l’homme sont inapplicables aux anges : fondées précisément sur notre composition, elles impliquent la paradoxale prééminence des sens, bas, mais intuitifs, sur l'intelligence, sublime, mais irréelle : c’est ce qui explique la rareté des réussites dans notre espèce ?. Or, l'homme est au maximum du multiple : juste au-dessus de lui, selon les lois thomistes de la continuité, un nouveau cycle commence, où la perfection correspond à la simplicité plus grande. Mais l’exemple humain suflit à faire comprendre que l'esprit créé, comme esprit potentiel, introduit dans la nature une indétermination d’un tout nouveau genre, et comporte