Mal
À la différence des bêtes, chez qui la spontanéité n’empêche pas le déterminisme psychologique le plus rigoureux (Agunt quidem arbitrio, sed non libero) !, nous pouvons, partout où le bien apparait morcelé entre des choses désirables dont la possession simultanée s’exclut, choisir l’un des objets par le choix que nous faisons d’un des jugements. — On pourrait grossièrement traduire cette doctrine en disant que S. Thomas reporte la liberté à l'instant qui précède la dernière appréhension ; plus exactement, comme l'extension temporelle d’un acte est extérieure à sa liberté, on doit dire que S. Thomas suppose la causalité réciproque, en des genres différents, de la volonté (efliciente) et de l’idée (quasimatérielle, « dispositive ») ?. Il y a donc deux ordres, celui de la détermination, sans prévision antécédente possible et sans nécessité, — et celui de la liberté, sans rupture de la continuité dans l'être, sans pouvoir magique de susciter hors du rien le quelque chose. Et cette doctrine concilie les exigences de la psychologie intellectualiste, puisqu'il n’y a point de mouvement sans jugement, avec l'indépendance de la volonté, puisque l’homme y fabrique son jugement même. C'est l'illustration littérale de la parole évangélique chère aux volontaristes chrétiens : Qui facil veritatem... Voilà comment « toujours dans le’ péché le défaut de l’intelligence et « celui de la volonté s’accompagnent proportionnelle- « ment » 3, comment « une mauvaise appétition est tou- « jours jointe à quelque erreur de la connaissance « pratique » #.
. Mal. 16. 5.
Cp: Ver: 28. 7.
Mal. 16. 2. &.
Mal. 16. 6. 11.