‹ L'Intellectualisme de Saint ThomasChapitre 92 sur 100 · HF © D · texte numérisé non relu

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Les adversaires médiévaux de S. Thomas ! ne manquèrent pas de lui dire qu’il reprenait la thèse de Socrate rejetée par le Philosophe, qu'il identifiait sciences et vertus. En réalité, la réfutation de cette thèse est un de ses thèmes favoris, et c’est à propos de Socrate qu'il achève d'éclairer la question qui nous occupe, en distinguant deux sortes de sciences. Il y a la science universelle, qui peut être « vaincue par la passion », et la science particulière, qui n’est jamais en discordance avec l'acte ?. On reconnaît une célèbre explication de l'Ethique a Nicomaque, et S. Thomas s’approprie entièrement la théorie qu’a faite son maître du « syllogisme de l’incontinent ». L'originalité vis-à-vis d’Aristote consiste en ceci : rattachant le cas à sa psychologie rationnelle, S. Thomas requiert explicitement la nécessité d’un jugement de raison, exprimé ou secret, comme précurseur de l’action humaine : la convoitise, avant de mouvoir, doit s'intellectualiser. Le mécanisme du péché, très simple lorsqu'à la science habituelle s'oppose seulement l'absence de considération en acte, plus compliqué si le cas comporte une certaine coexistence de l’aflirmation et de la négation, ne fonctionne jamais sans une collaboration malicieuse de ce qu'il y a en nous de « plus subtil » et de «plus divin », la raison même 5, — I] nous importe ici de retenir la distinction très tranchée entre les deux

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