ANT A
Qil arrive pour les vertus liées ensemble (par la « pru- « dence »), c’est plutôt redescendre de l’un au multiple ». « L'amour de soi disperse l'affection de l’homme... par « l'appétit des biens soumis au temps, qui sont multiples «et divers » !. C’est peut-être cette mutuelle contradiction des péchés qui empêche l’étouffement total de la syndérèse. Mais enfin les inclinations basses finissent par se créer un #70dus vivendi; peu à peu, le faisceau des décisions pratiques s’agglutine en une sorte de syndérèse pécheresse, au service du primat de la concupiscence. « L’ignorance de l’intempérant s’étend à la « fin elle-même ; il juge, en effet, que son bien consiste « à suivre sans frein ses convoitises » ?. Et le principe opposé, celui du devoir, qui fait l'homme encore responsable, est tellement affaibli, qu'il n'empêche plus, même dans le domaine théorique, la construction d’une philosophie animale sur les plans de son adversaire. « L'homme est surtout l’esprit. Mais il se trouve des « gens qui pensent étre surtout ce qu'ils sont selon la « nature corporelle et sensitive, et ceux-là s'aiment « selon ce qu'ils pensent être » ?. L’inversion est donc complète, et c’est la spéculation qui s’est mise au service de l’action pour retourner le jugement de valeur de la psychologie métaphysique. Mais lêtre qui s’est asservi l'intelligence n’a pu le faire qu'au moyen de l'intellection. Le triomphe sur la raison abstraite est la grande victoire de l’idée pratique.