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Si l’idée pratique est d'autant plus forte qu’elle est plus dépendante de la subjectivité et plus répandue sur tout l’homme, elle est meilleure en son genre quand elle atteint plus imparfaitement l’autre intelligible comme tel. En effet, le susceptible propre du vrai intelligible est l'esprit. Ce sont, au contraire, les singuliers sensibles, dont l'impression informante précipite notre système total vers l’action.
Il faut même dire, d’après les principes exprès de S. Thomas, que si l’idée, dès le début, saisissait l’autre simplement et directement, il n'y aurait plus d'action potentielle. L’être intelligent posséderait tout d’abord sa fin, la voie ne se distinguerait pas du terme. C’est le cas pour l’Ange, si l’on fait abstraction de l’ordre surnaturel. Complètement intellectualisé dès son origine, sans rien en lui d’opaque ni d’obscur, le progrès contemplatif lui est inconnu !. Il en est autrement chez l'homme, dont la perfection s'obtient discursivement par le moyen du continu et de la durée temporelle. Ce n'est qu'après la vie présente que nous cesserons de fabriquer avec du relatif des images du spirituel et de l'absolu, pour voir l’intelligible sicuti est.
En attendant, plus notre pensée est utile à l’action, moins elle nous enrichit par l'acquisition immanente de la réalité intelligible.
Dans la connaissance même théorique appliquée à la vie concrète, l’inaptitude humaine à l’intellection des