‹ L'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 24 sur 120 · Histoire du Meaifue, p · texte numérisé non relu

Histoire du Meaifue, p

ils ne laissent qu'une faible portion pour le régal du pélican captif.

Le perroquet de la famille Buffon témoigna beaucoup de sympathie à une servante à laquelle il s'était attaché et qui souffrait d'un mal au doigt; il ne quittait pas sa chambre et faisait entendre comme des gémissements de douleur. Quand son amie fut rétablie, il retrouva toute sa galté.

Enfin voici un dernier exemple des plus concluants que j'emprunte à un observateur éméri te, le docteur Franklin* :

« Deux perroquets de ma connaissance, dit-il, vivaient en- » semble depuis quatre ans, lorsque la femelle fut prise » de faiblesse et bientôt se manifestèrent tous les symptômes » de la goutte (pattes enflées, etc.), maladie à laquelle » tous les oiseaux de cet ordre sont très sujets en Angle- » terre. Elle ne pouvait plus descendre de son perchoir ni » prendre sa nourriture comme par le passé, mais le mâle » la lui portait fidèlement dans son bec. Pendant quatre » mois il se fit ainsi son nourricier; les infirmités de sa D compagne augmentaient de jour en jour; bientôt elle ne » put plus se tenir sur son perchoir et en fut réduite à » s'accroupir au fond de la cage, d'où elle faisait de vains » efforts pour remonter. Le mâle ne la quittait pas, et l'aidait » de toutes ses forces, la prenant par le bec ou par le haut » de l'aile essayant à plusieurs reprises de la soulever.

» Sa constance, ses gestes, ses soins infatigables, tout dé- » notait chez cet oiseau un désir ardent de soulager la » souffrance de sa compagne et de lui venir en aide dans » sa faiblesse.

» L'intérêt ne fit que croître pondant l'agonie de la femelle. » Le malheureux époux s'agitait autour d'elle, plus attentif, » plus tendre que jamais, essayant de lui ouvrir le bec » pour y mettre des aliments, allant et venant d'un air agité » et plein d'angoisse, poussant de temps à autre des cris » plaintifs, puis gardant un silence désolé, les yeux fixés » sur .elle, jusqu'au moment où el e finit par rendre le dernier » soupir. Dès lors il ne fit que dépérir, et mourut en quelques D «semaines. »

La jalousie des oiseaux est proverbiale, et quiconque en

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