‹ L'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 28 sur 120 · PRÉVOYANCE — ÉLEVAGE · texte numérisé non relu

PRÉVOYANCE — ÉLEVAGE

a Une dame de la connaissance du docteur E. Darwin vit » un petit oiseau s'accrocher à plusieurs reprises à la tijçe » d'un coquelicot, en secouer la fleur avec son bec ; puis se » mettre à ramasser systématiquement les graines qu'il avait » fait tomber à terre. » [Ùleanings, eod. loc.)

Il est de toute notoriété que dans les pays où les vautours abondent, ces oiseaux se rassemblent rapidement autour d'une carcasse alors qu'avant la mort de leur proie ils étaient invisibles. On s'est toujours demandé si c'était l'odorat ou la vue qui les guidait; mais aujourd'hui la question ne fait plus de doute. Etant à Valparaiso M. Darwin fit l'expérience suivante. Devant une rangée de condors attachés à leurs places, et à trois mètres environ de distance, il imagina de promener un morceau de viande enveloppé de papier. Les oiseaux n'y faisaient point attention, il jeta le paquet à un mètre d'un vieux mâle qui, après l'avoir regardé curieusement pendant un instant, ne parut plus s'en occuper. M. Darwin le poussa alors à l'aide d'un bâton jusque sous le bec de l'oiseau. Cette fois l'odeur ne pouvait manquer de lui parvenir ; en effet il déchira le papier avec rage et « aussitôt » sur toute la ligne les autres se mirent à battre des ailes et » à s'agiter » *. Il est donc évident que les vautours ne sont pas guidés par l'odorat. Du reste on s'explique facilement que le sens de la vue leur suffise. Si l'on admet que, dans un espace de plusieurs milles carrés, un certain nombre de vautours volent à une grande hauteur selon leur habitude, et que l'un d'eux apercevant une carcasse se mette à descendre, son voisin ne manquera pas de l'observer et de le suivre ; l'exemple, gagnant ainsi de proche en proche, s'étendra à toute la bande.

Passons aux instincts de l'incubation et de l'élevage. Voici ce qu'écrit à ce propos un de mes correspondants :

<K Le printemps dernier, j'avais un couple de serins, dans » une cage munie de deux petites boîtes à nid, dans le com- » partiment du bout. Quand le premier œuf fut pondu, je » l'examinai par la petite porte faite exprès; puis, le lende- » main et les jours suivants, je regardai pour voir s'il n'y en » avait point d'autres. Mais, comme au bout de cinq jours, je

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