PRÉVOYANCE - NIDIFICATION
Sir H. Davy raconte comment il vit sur le Ben Nevls, un couple d'aigles qui apprenaient à leurs jeunes à voler; c'est, du reste, un spectacle que les oiseaux d'espèces communes fournissent constamment. Toutefois, les expériences de Spalding ont démontré que le vol est une faculté instinctive ; car les hirondelles qu'il avait élevées surent jouer de l'aile aussitôt qu'il leur donna la liberté. Le rôle des parents se borne donc à activer le développement de fonctions instinctives.
Je puis aussi bien mentionner ici certaines mœurs dont le caractère n'a rien de déterminé, par exemple, la manière dont plusieurs petites espèces de la gent ailée se rassemblent tumultueusement autour d'un oiseau Carnivore, pour le chasser probablement, et peut-être pour mettre leurs amis sur leurs gardes, par leur bruit. Ce pourrait bien être un cas d'action concertée; mais nous en verrons des exemples autrement frappants plus loin. J'ai vu une bande de mouettes ameutées autour d'un stercoraire, ce qui prouve que ce genre de coopération vise à prévenir le vol aussi bien que le meurtre. Couch affirme avoir vu des merles cerner un chat caché dans un buisson ; le motif apparent, dans ce cas. était plutôt de donner l'éveil aux amis que de chasser l'ennemi.
J'ai observé chez les mouettes du jardin zoologique une curieuse habitude qu'ont les oiseaux de se provoquer au moyen d'un petit rameau qu'ils ramassent avec ostentation et se jettent ensuite aux pieds comme un déti, à la manière des chevaliers de l'ancien temps. J'ai vu plusieurs individus des espèces glauque et à manteau noir 3e comporter de la sorte, pendant les premiers jours de printemps et il se pourrait que ce trait de mœurs se rattache indirectement à l'instinct de la nidiâcation.
Nidification.
Parmi les mœurs et les instincts particuliers à certaines espèces d'animaux, se rangent certains instincts de nidiâcation dont je me contenterai de citer les plus remarquables.
Les pétrels et les perroquets de mer font leurs nids en terre, dans des trous qu'ils creusent exprès. Wasser dit de la grande montagne de soufre de la Guadeloupe, qu'elle .est percée de trous comme une garenne grâce aux pétrels. Chez
les macareux, c'est le mâle qui creuse. Il se met sur le dos, dans le tunnel qu'il perce, et pioche de son large bec, tandis que de ses pattes palmées il rejette les débris. Un terrier achevé fait plusieurs coudes et a près de dix pieds de profondeur. Quand un clapier se trouve à sa portée, l'oiseau Tadopte incontinent. Le martin-pêcheur et le martin-chasseur font également leur nid dans des trous du môme genre
Certaines espèces de pingouins déposent leur œuf solitaire sur le rocher à nu; le Courlis et l'Engoulevent pondent sur le sol et reviennent d'année en année au même endroit. L'autruche gratte le sable, y dépose ses œufs pôle môle, puis recouvre le tout d'une légère couche de sable. Pendant le jour, l'incubation se fait sous l'influence des rayons du soleil ; la nuit, le mâle couve. Parfois, plusieurs femelles se réunissent, pondent leurs œufs dans un môme trou et couvent à tour de rôle. La mouette, la bécassine d'été {Sandpiper), le pluvier, etc., déposent également leurs œufs dans de légères excavations.
Le martin-pôcheur fabrique une sorte de couche d arôtes de poisson à moitié digérées qu'il rejette de son estomac sous forme de boulettes et certains martinets sécrètent dans leurs glandes salivaires un fluide qui durcit rapidement à l'air et finit par ressembler à de la colle de poisson. Cette substance entre dans la composition de leurs nids qui font la joie des épicures chinois. (Newton, Encycl, Briiann,, art. oiseauœ.)
Le martinet commun se sert de terre glaise qu'il applique contre les murs et à laquelle il donne plus de consistance en y mélangeant des brins de paille, de bois, etc. . . Voici ce que dit à ce propos M. Gilbert White :
« La boue étant fraîche, trop de rapidité dans la construc- » tion de l'édifice pourrait en amener l'écroulement ; aussi le » prudent architecte n'y travaille que le matin, et, tandis » qu'il consacre la journée à la chasse et à ses récréations, » l'ouvrage sèche et se consolide. Grandissant par échelons » quotidiens d'un demi-pouce, l'édifice se transforma dans » l'espace de dix ou douze jours en un nid hémisphérique » pourvu d'une étroite ouverture vers le haut, solide, com- » pacte, chaud, et parfaitement adapté à tous les besoins. »
D'autres oiseaux recherchent le bois. Le roitelet et le pic creusenrtun trou dans un arbre, en ayant soin d'enlever les*