FACULTÉ D'ÉDUCATION
différentes directions, à certains commandements ou inflexions de la voix et à mettre ainsi par son poids le mécanisme en mouvement dans le sens voulu.
Rien que la manière dont les oiseaux apprennent bien vite à ne pas voler contre des fils télégraphiques récemment établis, révèle chez eux beaucoup d'observation et d'intelligence ! Le fait a été souvent remarqué, entre autre pur M. Holden dont je cite le récit :
« Je demeurais, dit-il, sur la côte du comté d'Antrim, il y » a une douzaine d'années, lorsqu'on établit la ligne télé- » graphique le long de la charmante route qui longe la mer » entre Larn et Gushendall. Pendant l'hiver, il se produisait » toujours une immigration de bandes nombreuses de san- » sonnets venant d'Ecosse et qui arrivaient de bonne heure » le matin. L'hiver qui suivit la pose du télégraphe, je trou- » vai constamment des sansonnets morts ou blessés le long » de la route; ils avaient dû voler contre les fils pendant le » crépuscule du matin, d'autant plus que ce n'était pas le )) vent qui avait pu les pousser vu que souvent il y en avait >^ à peine quand ces accidents se produisaient. Je découvris » que les paysans avaient fini par les attribuer au fluide élec- » trique agissant sur les sansonnets qui se p'^rcha'ent sur » les fils pendant le fonctionnement du tél<''grnphe. Mais les » années suivantes, c'est à peine si l'arrivée des émigrants fut » signalée par une seule catastrophe de ce genre. Il paraîtrait » donc que celles du premier hiver avaient produit une pro- » fonde impression sur les oiseaux qui, s'étant rendu compte » de la nature du danger avaient soin d'éviter les fils du télé- » graphe ; bien plus, les jeunes avaient évidemment acquis et » perpétué une connaissance qui ne pouvait leur venir ni de » leur expérience ni de leur instinct, à moins que cet instinct » ne fût en réalité un souvenir héréditaire légué par les pa- » rents dont le cerveau avait reçu la première impression. » [Nature, vol. XX, p. 266.)
Buckland cite des faits du même genre dans ses CiiriosW^s de Vhisioire naturelle^ et moi-même, je me rappelle qu'après l'établissement d'un fil télégraphique sur une lande, en Ecosse, un certain nombre de coqs de bruyère vinrent s'y
i. Vol. I, p. 216. Voir également la Descendance de l'homme^ p. 80.
blesser pendant la première saison mais jamais ensuite. Pour ce qui est de savoir comment les jeunes oiseaux évitent un danger dont ils n'ont point l'expérience, il faut se rappeler que chez les oiseaux qui volent en bandes, ce sont les anciens qui prennent la tête. Quant aux oiseaux qui volent isolément, il n'existe pas, que je sache, (robservations tendant à démontrer que leurs jeunes se tiennent en garde contre les fils télégraphiques.
Voici une preuve d'intelligence d'un aigle, que cite Menault :
« L'oiseau, dit-il, s'était pris dans la forêt de Fontaine- » bleau, dans un piège à renard, qui lui avait fort endom- » mage une serre. Les conservateurs du jardin zoologique de » Paris durent lui faire une op^Vation qu'il supporta avec une D patience toute raisonnable. On lui avait laissé la tête libre, » mais il ne fît pas la moindre mine de se révolter contre la » douloureuse extraction des esquilles ou contre la gêne que » devaient lui causer les bandages. Il semblait avoir une con- » science nielle de la nature du service qu'on lui rendait, et » de l'avantage qu'il en retirerait. » {Merveilles de Vinsiinct, p. 132.)
A propos d(?s Vautours urubus, M. Bâtes donne les détails suivants :
a Ils se rassemblent en grand nombre dans Ips villages, » vers la fin de la saison des pluies, époque à laquelle ils sont » affrunés. Une cuisinière ne pouvait quitter un instant la » cuisine pendant que le dîner cuisait, par crainte de leurs » larcins. Il y en avait toujours aux aguets, et sitôt que la » cuisine était inoccupée, ces hardis maraudeurs y péné- » traient et soulevaient de leur bec les couvercles des casse- » rôles pour en dérober le contenu.
» Les petits garçons de l'endroit les guettent armés de » leurs arcs et leur décochent des flèches ; aussi les vautours » ont-ils appris à redouter tellement ces armes que souvent » il suffit de prendre un arc à une poutre de la cuisine pour *» les tenir en respect. [Le Naluraliste aux AniazQnes, p. 177 ; Anecdotes, p. 135.) ,
» Madame Lee, dans ses anecdotes, raconte comme quoi » son jardinier fut un jour fort intrigué parla façon d'agir » d'un rouge-gorge auquel il donnait souvent à manger. Cet » oiseau voletait tout autour de lui d'une manière singulière