‹ L'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 39 sur 120 · HIRONDELLE — MARTINETS ET MOINEAUX · texte numérisé non relu

HIRONDELLE — MARTINETS ET MOINEAUX

» travers lequel le fll pouvait glisser sans inconvénient. »

Un artifice du même genre, à ce que m'affirme un autre correspondant, servit à un couple d'hirondelles pour se protéger contre les attaques de moineaux qui voulaient s'emparer de leur nid. Elles en modifièrent Feutrée en y ajoutant une sorte de tunnel longeant le bord du toit, en dessous.

Linnée dit que quand le martinet fait son nid, sous le rebord d'un toit, les moineaux lui jouent quelquefois le tour de s'en emparer. Quand cela arrive, le couple molesté n'étant pas de force à chasâer les intrus, fait appel à des camarades, dont une partie empêche les moineaux de s'échapper du nid, tandis que les autres vont chercher de la boue, pour en combler l'entrée et laissent ensuite les prisonniers périr d'une mort misérable. Ce fait est, en grande partie, confirmé par le témoignage indépendant de Jesse qui ne paraît pas avoir eu connaissance du récit de Linnée :

« Selon toutes les apparences, dit-il, les hirondelles gardent » le souvenir d'une oflense pour s'en venger à l'occasion. Un » couple de ces oiseaux avait bâti son nid sous la saillie d'une » maison à Hampton-Court. A peine était-il terminé qu'un » couple de moineaux s'en empara malgré une résistance » opiniâtre de la part des hirondelles aidées de leurs amies. » Une fois établis, les intrus ne fun^nt plus inquiétés. Mais » le jour vint où il leur fallut quitter le nid pour quérir la » pâture de leurs petits, et sitôt qu'ils furent partis, plusieurs » hirondelles parurent sur la scène, démolirent le nid et je » pus voir les jeunes moineaux gisaiit mort à terre. Le nid » détruit, les hirondelles se mirent en devoir de le recons- » truire. » (Recueils, vol. II, p. 96.)

Autre exemple analogue emprunté au même auteur : « Des hirondelles avaient bâti leur nid contre l'une des » fenêtres du premier étage d'une maison inhabitée, sur la » place Mérrios, à Dublin. Un moineau en prit possession, et » vainement les malheureux oiseaux, qui avaient construit T> leur demeure au prix de tant d'efforts, cherchèrent-ils à s'y » cramponner; le moineau resta maître de la place. Les hi- » rondelles renoncèrent enfin à la lutte, mais ce ne fut que » pour revenir avec une bande de leurs compagnes, pourvues » chacune d'une boulette de boue. L'entrée du nid fut bientôt » comblée et l'intrus se trouva dans urte obscurité complète. A

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» quelque temps de là, le nid fut détaché et montré à plusieurs » persont.es qui purent y voir le moineau mort. Non seule- » ment le fait révèle du raisonnement, mais il montre que les » oiseaux avaient dû trouver moyen de communiquer leur » ressentiment et leurs désirs à leurs amis, dont l'aide leur » était nécessaire pour se venger du préjudice qui leur avait » été causé. » [Ibid.)

Les oiseaux savent à l'occasion agir de concert ; l'observation suivante de M. Buck en fait foi :

« J'ai maintes fois vu des pélicans s'aligner en travers d'un » lac et chasser le poisson devant eux, dans le sens de sa » longueur, absolument comme le feraient des pêcheurs avec » un filet. » [Nature, vol. XIII, p. 303.)

Sir E. Tennent, dans son Htstoire nahirelle de Ceylaiiy cite certains faits qui témoignent d'un degré remarquable d'intelligence chez les corneilles :

« Un de ces malins maraudeurs, dit-il, après avoir vaine- » ment essayé de toutes sortes d'attitudes pour distraire un » chien de garde qui rongeait nonchalamment un os, s'en » alla chercher un compère qui se percha à quelques mètres » en arrière. Les grimaces recommencèrent de plus belles » mais sans plus de succès ; ce que voyant, le compère se » mit de la partie et d'un fort coup de bec au milieu du dos » s'en vint déranger le flegme du chien qui, surpris d'une X) attaque aussi rapide que Téclair, s'élança vers son ennemi » sans réussira le saisir tandis que l'autre corneille lui déro- » bait son os. J'ai recueilli à Ceylan deux témoignages au- » thentiques relatant l'emploi de cette môme ruse; j'y vois » une preuve de sagacité et de l'existence d'une faculté de » communication et de combinaison de la part de ces rusés et » courageux oiseaux. »

Ce récit, s'il ne nous venait d'un auteur aussi compétent, ne manquerait pas de soulever notre incrédulité ; il est cependant confirmé, d'une manière fort remarquable, par Miss Bird qui, tout récemment, à propos des corneilles du Japon, a publié l'observation suivante :

« Dans le jardin de l'auberge, écrit-elle, je vis un chien qui )> dévorait un morceau de charogne sous les yeux jaloux de » plusieurs de ces oiseaux. Ils avaient évidemment beaucoup D à se dire sur ce qui se passait, et de temps à autre un ou

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