‹ L'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 48 sur 120 · LOUTRES — BELETTES · texte numérisé non relu

LOUTRES — BELETTES

» ment défensîf. Qu'il réussisse à faire rebrousser chemin à » son adversaire, le phoque ne le poursuit guère au-delà des » limites de sa station, et quelque provocation qu'il reçoive, y> jamais il ne prend TofiFensive, du moins telle est mon ex- » përience

» L'indifférence manifestée à l'égard des jeunes pendant » l'élevage est singulière. Je n'ai jamais vu une femelle ca- » resser son petit ; s'il s'aventure quelque peu, on peut s'en » emparer ou le tuer sous les yeux de sa mère, sans qu'elle » témoigne la moindre émotion. Même indifférence de la part » du mâle pour tout ce qui se passe en dehors de son sérail ; » tant que les jeunes phoques n'en dépassent point les li- » mites, il se montre gardien jaloux et dévoué ; mais sitôt » que les petits animaux s'éloignent, toute sa sollicitude à » leur endroit disparaît

» Dans les premiers jours d'août, c'est-à-dire vers le 8, les » jeunes phoques du bord de l'eau s'essaient à nager ; grande » est leur gaucherie dans les commencements. Sitôt qu'ils » perdent pied, ils se mettent à battre l'eau de leurs nageoires » de devant sans se servir de celles de derrière. Au bout de » quelques secondes ou, au plus, d'une minute, le plus jeune » sort prudemment de l'eau et fait un petit somme pour se » délasser; après quoi, il se remet à sa leçon. En peu de temps » ils se familiarisent avec l'eau, et alors ce sont des ébats de » toutes sortes, plongeons, détours, évolutions, etc. . .; quand » ils en ont assez, ils se hissent sur le bord , se secouent » comme de jeunes chiens et s'endorment sur place ; d'autres » fois ils se livrent à quelque paisible divertissement.

» Certains écrivains prétendent que les phoques poussent » les jeunes à l'eau pour leur apprendre à nager ; pour mon » compte, je n'ai jamais rien vu de semblable. »

Loutres. — La loutre est un animal éminemment docile; ne lui apprend-on pas à attraper des poissons et à les rapporter? ce J'ai vu, dit le docteur Goldsmith, une loutre aller à un étang sur un mot de son maître, chasser les poissons dans un coin, choisir le plus beau, le prendre dans sa bouche et le rapporter. » Bingley cite également plusieurs exemples du môme genre. {Biographie aniniale, vol. III, p. 301-302 )

Belettes. — « M*^« de Faister ^^çrivit à Buffon la manière

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» dont une belette qa*eUe avait,apprîv;9isée jçmit ^Tec ses » daigtS'àia.ina2uèi*e4*iui,cbatQD, luLgi!iinpaitauQCMi«tsur I4 » tête, et lui aaiitait dans les xaains à trois pieds 4e distance. » Même an milieu d'uoe vingtaine de personnes, raniiml dis- » tinguait la voix de sa maîtresse, et bopdi^sait pardessus tout » le monde {lour la rejoindre Qu'elle ouyritjuae boAte qu un » tiroir, ou un journal, la belette y fourrait son nm^en^n qyiox » qu'elle eût à la main, il lui suffisait de paraître rexâininer y> pour que la petite bote accourût Tinspecter ^aleanent. » (Thompson, PusUons des Anjmauio,.^-33'J,)

Pîdois. — Dans un article sur Tinstinct, écrit pour YE^icy^ clopédie d'Anatomie de Todd, le professeur Alison parle d'un instinct remarquable du putois et en cite l'exemple suivant qu'il emprunte au Magasin d'Histore naturelle (vol. IV, page 206) : "« Je déterrai, raconté l'observateur, cinq jeunes » putois qui étaient confortablement enfouis dans une litière » d'herbe sèche; et dans un trou latéral, formant garde- » manger, je trouvai quarante grosses grenouilles et deux » crapauds, tous en vie, mais à peine capables de bouger. — D Je reconnus à l'examen qu'ils souffraient tous d'une mor- » sure à la cervelle habilement pratiquée. » — On remarquera » l'analogie que présente cet instinct avec celui que M. Fabre a plus récemment constaté chez les insectes du genre Spheco et dont nous avons déjà parlé.

Furets, — Je possédais à une époque un furet de forte taille, auquel ma sœur avait appris à mendier des friandises à l'égal du chien le mieux dressé, à sauter par dessus un bâton, etc., etc. — Il était devenu très familier, aimant à être caressé, et nous suivant à la promenade comme un chien, — quand je dis nous, j'entends ses intimes. Quant à -sa mémoire, la preuve qu elle était bonne, c'est qu'après une absence de plusieurs mois, durant lesquels il n'eut personne pour lui faire répéter ses tours, nous pûmes constater qu'il n'avait rien perdu de son adresse.

J'incline fortement à croire que les furets rêvent, car j'en ai souvent vu remuer le nez et les griffes pendant leur sommeil comme s'ils poursuivaient des lapins. Voici paiement qui a trait à l'intelligence de ces animaux. Un jour, pendant ime chasse au lapin, je perdis un furet à environ un miile de

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chez lûoi ; quelques jours plus tard, ranimai revint à la «saison. Plusieurs chasseurs de mes amis m'ont cité ^s exemples de ce genre ; mais il faut bien admettre que le reto«r d'un furet, en pareille circonstance, est chose exceptionnelle.

Gloidons, — Les meryeilleuses descriptions que l'on rencontre de l'intelligence de ces créatures, sont pour la plupart, exagérées. Il est pourtant vrai, qu*en tnatière de sagacité, il est peu d'animaux qui les (égalent, et point qui les surpassent. €omme preuve, il me suffîra de citer le témoignage de deux écrivains dignes de foi, le D' J. Rae, F. R. S., et le capitaine EUiot Gones (Monographie des Mustelides de l'Amérique du Nord) (Piiblicdtioyis variées de V expertise géologique des États-Unis, vol. Vin, Washington, 18'77.)

Voici, ^n effet, ce que m'écrit le docteur, en réponse à une lettre où je l'interrogeais sur l'intelligence des gloutons:

« Les récits de la plupart des voyageurs en Amérique » affirment des merveilles à l'endroit de ces animaux rusés, » mais je ne sais trop si l'expérience m'autorise à leur attri- » buer.en propre la faculté du raisonnement. Ils sont très » méfiants, et se laissent, sinon jamais, du moins très rare- » ment prendre au piège, approcher à portée de fusil ou môme » emprisonner. Ils détruisent les appâts sans les manger, » démolissent les pièges où ils pénètrent d'une manière tout » autre que celle que le trappeur avait imaginée, et qpant » au fusil, ils révitmt soigneusement, à moins qu'il ne soit » recouvert de neige à la manière des Esquimaux.

» En 1853, sur la côte Arctique, me préparant à quitter la » tente pour m'établir plus chaudement dans des cabanes de » neige, j'avais fait transporter par mon domestique plus de » cent liyres.de filet de venaison à nos nouveaux quartiers » qui se trouvaient à environ un quart de mille de nos tentes ; » et comme il n'y avait trace ni de renards, ni de loups, ni » de gloutons, la viande fut laissée pour une nuit dans une » cabane ouverte. Le lendemain, nos belles tranches de venaison avaient disparu. Deux gloutons s'étaient introduits » dans la cabane, non pas par la porte où ils redoutaient un » pi^ge, mais par un trou qu'ils avaient creusé eux-mêmes » dans la paroi de neige. Quand le printemps amena le dégel, » nous retrouvâmes une partie de la viande que les animaux

» avaient cachée dans la neige tout près de notre maison ; » mais comme toujours a ils l'avaient rendue impropre à Tali- » mentation ».

C'est également le D' Rae qui a appelé mon attention sur le récit du capitaine EUiot Cônes que voici :

« Pour le trappeur, les gloutons sont une véritable peste. » Une fois que ces animaux ont découvert une ligne de pièges » à martres, ils en infestent les abords et le trappeur n'a » d'autre ressource que de les détruire s'il ne veut point ]> perdre son temps. Commençant à un bout de la ligne, ils » passent d'un piège à un autre, les mettent en pièce après en D avoir retiré l'appât par derrière. Môme lorsqu'ils sont ras- » sasiés, ils continuent à enlever les appâts pour les cacher. » Quand ils sont affamés, il leur arrive souvent de dévorer » deux ou trois des martres prises au piège ; quant aux au- » très, ils les emportent et vont les cacher au loin dans la » neige. Aussi vite que le malheureux trappeur rétablit ses » pièges, ils les attaquent de nouveau.

» Le trait marquant chez le glouton, c'est une tendance à » dérober et à cacher tout ce qu'il peut emporter, môme ce » qui lui est inutile. Ainsi après avoir détruit sans raison les ï> pièges à martres, il ira cacher les gaules comme par pure » méchanceté. Dans l'article que j'ai déjà cité, M. Rofs nous » a donné un exemple amusant de l'exagération jusqu'à la- » quelle cette propension peut être poussée. La manie de se » faire un fonds de magasin pour ainsi dire, est tellement en- » racinée chez cet animal, que comme le corbeau apprivoisé, » il a l'air de ne s'inquiéter que très peu de la nature de l'ob- » jet dérobé pourvu qu'il satisfasse à ses mauvais penchants. » C'est ainsi qu'à ma connaissance, un chasseur, qui s'était » absenté avec sa famille , trouva à son retour sa cabane » complètement dévalisée; couvertures, fusils, bouillottes, » haches, bidons, couteaux, tout avait disparu, et les traces » du voleur montraient clairement qu'il n'était autre qu'un » certain animal. En les suivant avec soin, on réussit à re- » trouver tous les objets dérobés, sauf quelques exceptions M sans importance. »

« Une fois que j'avais établi près de cent cinquante pièges » sur la rivière Peel, un vieux carcajou découvrit « ma ligne » » et prit, à mon grand ennui, l'habitude de me précéder dans

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