RENARD, LOUP, CHACAL, ETC
La psychologie de ces animaux, comme on peut bien le supposer, se rapproche beaucoup dans son ensemble de celle du chien; toutefois leurs dispositions mentales, par cela môme qu'elles n'ont jamais subi l'influence de l'apprivoisement, diffèrent assez de celles du chien pour que je leur consacre un chapitre à part.
Abstraction faite de toutes les émotions qui proviennent l'une association prolongée avec le genre humain, il suffirait de renforcer chez le chien les sentiments d'indépendance, de rapacité, etc., pour avoir le caractère émotionnel que présentent actuellement le loup et le chacal, et il est curieux d'observer que cette ressemblance originelle s'étend à ce que l'on peut appeler des idiosyncrasies de détail partout où le caractère n'a pas subi l'influence de l'homme. C'est ainsi que rétrange série d'émotions qui porte le loup à hurler au clair de la lune s'est transmise sans modification à nos chiens familiers.
L'intelligence du renard est proverbiale ; mais je n'ai reçu que fort peu de communications originales à ce sujet. Je me contenterai donc de choisir quelques observations bien authentiques parmi celles qui ont été publiées jusqu'à ce jour, en commençant par une anecdote de M. Saint-John que j'emprunte à ses aventures de chasse dans la haute Ecosse (Wild sports in the Highlands) :
a Pendant que j'habitais le comté de Ross, dit-il, je sortis V un matin, en juillet, avant le point du jour, pour tâcher « d'abattre un cerf qui avait rava^ les récoltes d'un fermier.