‹ L'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 92 sur 120 · HABILETE MÉGANIQUE - MAL DE DENTS · texte numérisé non relu

HABILETE MÉGANIQUE - MAL DE DENTS

certainement la capacité intellectuelle de tout autre animal, a Un grand singe, me dit-il, seul occupant d'une vaste cage, » avait pour chambre à coucher une sorte de cabane au mi- » lieu de sa prison. Près de la cabane s'élevait un arbre, » peut-être artificiel, dont la branche principale s'étendait par » dessus le toit vers le devant de la cage. L'animal pouvait- » il du toit de sa cabane atteindre cette branche ? c'est à quoi » je ne pris garde ; ce que je remarquai, ce fut sa manière de » gagner le prolongement de la branche vers le devant. Le » tour était facile en servant de la porte de la cabane, qui se » lorsqu'elle était ouverte, se trouvait juste au-dessous de » de cette partie de la branche ; mais, soit par hasard ou par » un eflTet de sa construction, chaque fois que le singe l'ou- » vrait dans ce but, elle se refermait d'elle-même. Après » avoir vainement essayé une ou deux fois de monter quand » même sur l'arête supérieure, l'animal prit une épaisse cou- » verture qu'il avait dans sa cage, la jeta par dessus la porte » de manière à empêcher celle-ci de se refermer, pendant » qu'il s'en servait pour grimper sur la branche. »

Voici encore qui dénote une intelligence de haut degré {Nature, vol. XXIII, p. 533) :

c( Un des grands singes du palais Alexandra soufirait depuis » quelque temps de la carie d'une canine, d'où était résulté » un abcès formant une grosse bosse sur la mâchoire. On » finit par appeler un dentiste, et comme le pauvre animal » devenait furieux par moments, il fut décidé que si la dent » devait être arrachée , on se servirait d'un anesthésique i> pour parer aux dangers de l'opération. « On fit donc les i> préparatifs nécessaires, mais au grand étonnement de tout » le monde, la conduite du singe les rendit inutiles. Tout » d'abord, il se montra très rébarbatif; on eut beaucoup de i> peine à le tirer de sa cage et à le mettre dans un sac muni » d'un seul trou pour sa tête. Il réussit à sortir une main et i> fit un tel tapage, criant, se démenant et cherchant tout le » temps à mordre, que l'on s'attendait à avoir du fil à i> retordre. Mais aussitôt que M. Lewin Moseley, Topérateur, » eut réussi à mettre la main sur l'abcès et à soulager le pa- » tient, tout changea. Le singe baissa tranquillement la tête » pour se la laisser examiner, et supporta sans broncher j> l'extraction d'un chicot, »

Ztâ LES SINGES

! D'après d'Osbonville, certains singes qu'il put observer à Tétat sauvage auraient l'habitude d'administrer des punitions corporelles à leurs petits. Après leur avoir donné le sein et les avoir nettoyés, les mères s'asseyaient pour les regarder jouer. Les jeunes singes luttaient, gambadaient et se poursuivaient les uns les autres, etc.. ; mais s'il y en avait qui fissent preuve de méchanceté, leur mère se levait aussitôt, et d'une main saisissant le coupable par la queue, lui infligeait de l'autre une volée d'importance.

Nous avons vu d'ailleurs, que les chiens et les chats ont l'idée de discipline en ce qui concerne leur progéniture.

D'après Houzeau, le singe sacré de l'Inde {Semnopithecus entellus) déploie une grande sagacité dans sa manière d'attraper les serpents et, quand il a aflaire à une espèce venimeuse, il leur casse les crochets contre les pierres. (Loc. cit. y I, 305).

Quant à l'idée de coopération , on pourrait citer force exemples pour montrer qu'elle est mise en pratique chez les singes ; je me contenterai du fait suivant, que j'emprunte aux mémoires du lieutenant Shipp : « Un babouin du Cap ayant, » dit-il, volé des effets dans la caserne, je me mis à sa pour- » suite avec une escouade de vingt hommes. Nous fîmes un » détour pour couper aux singes la retraite vers certaines » cavernes, dans lesquelles ils ne manquaient Jamais de se » réfugier. Mais ils avaient observé nos mouvements , et » envoyèrent une cinquantaine des leurs garder l'entrée des » cavernes, tandis que les autres, restant dans leurs positions, » ramassaient de grosses pierres et autres projectiles sous » les ordres d'un vieux à tête grise dont nous avions souvent » reçu la visite à la caserne. Ce fut lui dont le cri donna le » signal aussitôt que nous commençâmes l'attaque, et sous » l'avalanche de pierres énormes qui nous accueillit, nous » fûmes obligés de nous retirer. »

Journal relatif à toi Capucin brun du Brésil [Cébus fa-tuellus Linné)y 1880.

J'en ai fini maintenant avec la littérature de la psychologie simionne. Mais, croyant qu'il y aurait intérêt, vu le but du présent ouvrage, à ce qu'un singe intelligent fut lobjet

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