MOEURS GÉNÉRALES
tisse une toile fine dans les coins des bâtiments; ici ce sont des tubes de terre tapissés de soie, là le piège de la Mygale semblable à de la forte mousseline, et qui, suivant madame Mérian * (dont Bâtes * a confirmé le témoignage), est capable de retenir un oiseau-mouche et permet ainsi à l'être le plus hideux de la création d'en dévorer le plus gracieux ; enfin; maintes autres variétés. Il y aurait lieu de s'étonner au premier abord qu'un instinct, qui ne se manifeste que dans une seule classe du règne animal, atteigne un tel degré de perfection sous des formes si diverses. Mais il faut se rappeler que son développement dépend évidemment de la présence de l'appareil à sécréter la toile qui constitue un fait anatomique assez rare. Les chenilles, qui ne vivent pas de proie, ne tissent leur toile que comme moj^en de protection et de locomotion; on comprend, du reste l'acilement, qu'elles n'auraient aucun profit à tendre des pièges. Mais, pour les araignées, le cas est nécessairement différent. La faculté de tisser une -fois admise, il devient évident qu'elle peut rendre de grands services à un animal de disposition si vorace; et, par suite, il n'est plus étonnant que la structure anatomique et les instincts qui s'y rapportent atteignent une telle perfection sous diverses formes. Il est probable, qu'à l'origine, l'appareil à sécréter la toile était destiné à produire un instrument de locomotion et l'étoffe à cocons; c'est encore là son usage dans le cas des chenilles et de l'araignée des fils de la vierge qui parcourt des distances énormes à travers les airs sur le produit de sa sécrétion. Or, vu qu'il diffère beaucoup comme structure anatomique chez les deux classes d'insectes, on est porté à se demander comment il se fait que des appareils analogues, sinon identiques, ne se soient jamais développés chez d'autres animaux vivant de proie, et en particulier chez les Insectes parfaits. En supposant par exemple, à l'origine, une tendance des parties voisines de l'anus à sécréter une matière visqueuse, on imagine facilement l'usage que l'insecte en pourrait faire pour descendre de petites hauteurs (de môme que certaines hmaces se font de leur sécrétion des espèces de cordes pour descendre des branches basses à terre); et nous