‹ L'intelligence des animauxChapitre 99 sur 122 · Body and Mind (Corps et Esprit), page · texte numérisé non relu

Body and Mind (Corps et Esprit), page

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éprouvent au son de la musique un rudiment dVmotion esthé- •Jtique ? Grâce à une découverte récente de M. C. V. Boys, il nous est permis d'expliquer autrement leur conduite. Comme le récit de l'observateur est très intéressant, je le donne en entier :

n L'automne dernier, dit-il dans une lettre au journal Na- » ture, tandis que je considérais des araignées de jardin » qui tissaient leurs toiles à dessin géométrique, Tidée me vint » de voir quel effet un diapason produirait sur elles. J'en fis » donc vibrer un en la et j'en touchai légèrement soit un » point de la trame, soit quelque objet (feuille ou autre) sur » lequel elle reposait. Chaque ibis l'araignée, si elle se trou- » vait au centre, se retournait du côté du diapason, et de ses » pattes de devant tâtait les rayons de la toile pour découvrir » celui qui vibrait. Cela fait, elle courait le long du fil jus- » qu'à ce qu'elle arrivât au diapason, ou à Tembranchement >; de deux autres fils entre lesquels elle choisissait comme » avant. Une fois en contact avec le diapason, elle se com- » portait absolument comme avec une mouche, le saisissait, » l'entourait de ses pattes, courait le long des branches aussi » souvent que je les faisais vibrer, et ne semblait jamais se » rendre compte que le bruit pouvait ne pas provenir d'une » de ses victimes habituelles.

» Je remarquai que si l'araignée n'était pas au centre de » la toile au moment où le diapason la touchait, il fallait » qu'elle s'y rendît pour déterminer la direction du bruit; à » moins qu'elle se trouvât par hasard sur le rayon vibrant » ou sur un fil circulaire en contact avec le diapason.

» Si Ton attire l'araignée au bord de sa toile, et qu'on » retire le diapason en le rapprochant ensuite peu à peu, on » constate que l'insecte a conscience de l'approche de l'ins- » tpument et de sa direction, car il s'allonge autant qu'il le » peut pour l'atteindre; si, au contraire, on approche le dia- » pason d'une araignée qui n'a pas encore été dérangée et quL » est en expectative à son poste habituel, au centre de sa » toile, elle se laisse aussitôt pendre au bout d'un fil, le long » duquel elle remonte avec une rapidité étonnante sitôt que » le diapason a touché un point quelconque de la trame. » L'araignée, en quittant le centre de sa toile, a toujours soin » de se munir d'un fil qui la guide à son retour. Si on le

» coupe après son départ, elle ne manque jamais d'endom- » mager sa trame à son passage de retour; le plus souvent il » lui arrive de coller ensemble les fils parallèles par groupes » de trois ou quatre.

» A l'aide d'un diapason on peut faire manger à une arai- » gnée ce qu'elle refuserait naturellement. C'est ainsi que » j'en attirai une vers une mouche qui s'était noyée dans du » pétrole et que j'avais mise 3ur sa toile. Chaque fois que » l'araignée, ne trouvant pas le morceau à son goût, s'en » éloignait, je la faisais revenir en touchant la mouche de » nouveau avec le diapason, si bien qu'elle finit par en con- » sommer une grande partie.

» Les quelques araignées de maison avec lesquelles j'ai » expérimenté n'ont pas semblé apprécier le diapason ; elles » se retiraient dans leurs cachettes comme efl*rayées. Et » cependant il doit y avoir quelque rapport entre mes pbser- » valions et le goût de la musique que l'on attribue aux arai- » gnées; ne serait-ce pas que lorsqu'elles viennent écouler, » c'est tout simplement pour découvrir la direction où il leur » convient d'aller?

» Je n'ai pu faire des recherches bien complètes, mais il se » peut que les faits que j'ai constatés fournissent aux natura- » listes une méthode qui leur permette d'observer ce qui » aurait pu leur échapper sans son secours, et d'en tirer des » conclusions que mon icjnorance, en fait d'histoire natu- » relie, me fait un devoir de ne point aborder*, »

Mœurs générales.

En fait de mœurs générales, il n'y a que le tissage qui mérite l'attention. L'instinct qui pousse l'araignée à se faire un filet pour y prendre sa proie, et qui ne se retrouve chez aucun autre insecte, atteint chez elle un degré de perfection tout aussi remarquable, dans l'opinion de certains géomètres, que celui des abeilles en matière d'architecture, et présente en plus de nombreuses variations. Telle espèce étend une trame aux larges mailles entre les branches d'arbuste, telle autre

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