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Le Naturaliste au Nicaragua, page

INTELLIGENCE GÉNÉRALE TÙJ

d'attacher à leur filet, pour le lester, une petite pierre ou quelque objet pesant. Gleditsch, témoin d'un procédé de ce genre, raconte que Taraignée descendit à terre au moyen d'un fil , saisit un petit caillou et remonta l'attacher en dessous de sa toile à une hauteur qui permît aux hommes et aux animaux de passer sans encombre. Biîchner, à propos de cet exemple, en rapporte un autre du même genre qui fut observé par le professeur E. H. Weber, anatomiste et physiologiste célèbre, et publié il y a plusieurs années dans le journal de Millier.

a Une araignée, dit-il {Geistesleben, page 318), avait établi » sa toile entre deux poteaux et choisi comme troisième point » d'attache une plante qui se trouvait en dessous. Mais » comme les jardiniers vaquant à leur ouvrage, les pas- » sants, etc...,, rompaient souvent l'amarre d'en bas, ]r » petit animal imagina de s'en passer et de donner à son » filet la tension nécessaire en attachant à sa partie infé- » rieure une petite pierre qu'il avait préalablement recou- » verte de son tissu. Carus cite un cas analogue {Vergl. » Psycho., 1866, page 76), mais l'observation la plus intéres- » santé nous vient de J. G. Wood {Glimpses into Petland), » dont le récit est répété par Watson Qoc. cit., page 455). » Un de mes amis (c'est Wood qui parle) avait laissé plu » sieurs araignées de jardin s'établir sous une véranda. » afin d'étudier leurs mœurs. Un jour qu'un orage assez » fort avait éclaté, les toiles tout abritées qu'elles fussent, » eurent à souff'rir de la violence du vent. L'une d'elles dont » les maîtres câbles s'étaient rompus , s'agitait follement » comme une voile non bordée. Comment l'araignée y remé- » dierait-elle? Or voici ce qu'elle fit. Au lieu de chercher » à rétablir ses amarres, elle se laissa descendre à terre au » moyen d'un fil, et se rendit en un point où se trouvaient » des éclats de bois provenant d'une palissade que l'orage » avait abattue. Là, elle choisit un morceau d'environ deux » pouces et demi de long et de la grosseur d'une plume d'oie, » y attacha un fil et revint la suspendre à la partie inférieure » de son domaine, à cinq pieds de hauteur au dessus du sol. » L'expédient était des plus ingénieux, car le poids du » morceau de bois, tout en donnant une stabilité suffisante » à la toile, ne l'empêchait pas de céder doucement au vent,

» de manière à ne pas fatiguer. Le lendemain, un domes- » tique heurta par mégarde le morceau de bois et le fie » tomber; mais quelques heures après tout était rétabli : » l'araignée avait retrouvé son lest et l'avait remis en place. )» Lorsque Torage eut cessé, elle raccommoda sa toile, rompit » le cordon qui supportait le morceau de bois et le laissa » tomber à terre I »

Une observation aussi précise n'a guère besoin de confirmation; mais je puis aussi bien citer, comme preuve à l'appui, le récit que le docteur John Topham, — observateur accompli, à ce que m'a assuré feu le docteur Sharpey, — a communiqué au journal Nature (XI, 18), et qui a d'autant plus de valeur que l'écrivain ne paraît pas se douter que des faits analogues avaient déjà été consignés :

« Une araignée avait disposé sa toile dans l'angle de mon » jardin, et au moyen de cordons d'une certaine longueur, en » avait relié les côtés à des arbustes à près de trois pieds de » hauteur au-dessus de l'allée de gravier. L'endroit étant très » exposé, le souffle des vents d'équinoxe d'automne fut sou- » vent fatal aux réseaux de l'insecte; désirant parer aux in- » convénients de sa position, ce dernier conçut l'idée d'un » contrepoids qui donnerait à sa toile de la stabilité, tout en » lui permettant de céde*r aux rafales ; à cet effet, il choisit » une pierre de forme conique, y attacha un fil de chaque » côté, et la suspendit, la base en l'air au fond de son filet.

» Il lui avait certainement fallu descendre exprès jusqu'à » l'allée pour choisir son morceau de gravier, et ensuite le » hisser à plus de deux pieds de hauteur au moyen des fils jo dont il l'avait muni. Quant à la valeur de l'expédient, elle » s'explique d'elle-même. »

On trouvera dans le Land and Water du 12 décembre 1877, un cas semblable que cite un autre observateur.

Scorpions.

Je ne puis quitter les Arachnides sans parler de lettres que ont paru dernièrement et où il est question de la tendance qu'auraient les scorpions à se suicider lorsqu'ils sont entourés par le feu. Il y a, à ce sujet, toute une tradition qui s'est

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