XVI PRÉFACE
la réalité des faits. . • Je fais le tour du transformisme, et ce qui m*est affirmé majestueuse coupole d'un monument capable de dé* fier les âges, ne m'apparaissant que vessie, irrévérencieux, j'y plonge mon épingle *. »
Pourquoi M. Fabre a-t-il cru nécessaire de faire cette « piqûre au transformisme », comme il dit en tête d'un de ses chapitres * ? Il ne nous le dissimule pas. D'après certaines théories transformistes, le parasitisme aurait eu pour cause la paresse de certaines mères qui auraient mis leur progéniture dans des conditions favorables & sa prospérité au lieu de s'astreindre à la soigner ellesmêmes. « Tenez, écrit M. Fabre, je n'aime pas cette paresse favorable, dit-on, à la prospérité de l'animal. J'avais toujours cru et je m'obstine à croire, que l'activité seule fortifie le présent et assure l'avenir aussi bien de l'animal que de l'homme, agir c'est vivre ; travailler, c'est progresser. L'énergie d'une race se mesure à la somme de son action. Non, je n'aime pas du tout cette paresse scientifiquement préconisée. Nous avons bien assez comme cela de brutalités zoologiques : l'Homme, fils du Macaque ; le devoir, préjugé d'imbéciles ; la conscience, leurre de naïfs ; le génie, névrose; l'amour de la patrie, chauvinisme ; l'âme, résultante d'énergies cellulaires ; Dieu, mythe puéril. Entonnons le chant de guerre, et dégainons le scalp ; nous ne sommes ici que pour nous entredévorer ; l'idéal est le coflfre à dollars du marchand de porc salé de Chicago ! Assez, bien assez comme cela ! Que le transformisme ne vienne pas maintenant battre en brèche la sainte loi du travail. Je ne le rendrai pas responsable de nos ruines morales ; il n'a pas l'épaule assez robuste pour un pareil effondrement ; mais enfin, il y a contribué de son mieux ^. j>
Ah ! s'il devait en être nécessairement ainsi, comme M. Fabre aurait raison de s'indigner ! Mais comment penser avec lui que des hommes tels que Huxley, Herbert Spencer, Albert Gaudry, le marquis de Saporta et tant d'autres qui se font honneur d'être transformistes, courent de gaîté de cœut* au devant de telles catastrophes morales? Parce que des esprits passionnés et aventureux ont demandé à certaines formes de la doctrine de l'évolution des arguments favorables à des systèmes philosophiques dont on peut redouter les conséquences, il ne faudrait pas condamner