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XXII PRÉFACE

jamais eu aucune utilité ' . Il admet encore que ces propriétés sont

ûxéeâ par la sélection naturelle. Cependant toutes les facultés do

ce ordre ne semblent pas avoir été acquises de cette façon.

M. Milne- Edwards trouve notamment Texplication insufûsante

pour la plupart des instincts des Insectes. Ces animaux destinéâ à

ne jamais connaître leur progéniture ne peuvent avoir acquis par

l'entendement des habitudes si merveilleusement adaptées à un

but dont on ne voit pas comment lis auraient conscience. « Tout

cela, dit-il en terminant, est pour nous mystàre, et à cet égard il

est plus sage d'avouer notre ignorance que de la dissimuler en nous

payant de mots ». Ce sont les faits découveits par M. Fabre qui

poussent M. Henri Milne-Edwards à se réserver ainsi. Toutefois

il ne faudrait pas voir là un aveu définitif d'impuissance, tel que

ceux dont se glorifie le patient observateur d'Avignon. L'illustre

•professeur du Muséum ne croit pas d'abord a la fixité des instincts :

.« Des faits que nous venons de passer en revue, dit-il, il faut

conclure que la différence entre les actes rationnels et les actes

•instinctifs n'est ni aussi grande ni aussi nettement caraetérisée

qu'on le suppose communément. L'instinct, c'ert-îwiire l'impulsion

m.ntale qui, sans l'intervention de l'entendement et sans prévision

-du résultat qui sera obtenu, détermine, combine et règle cette

action comme si ses effets étaient prévus, peut être inné ou. acquis

ipar l'individu qui le possède,. il peut même être transmis de cet

.individu à ses deicendants comme une sorte d'habitude invétérée

(Revenue héréditaire.

, » 11: me paraît également démontré que l'instinct n'a pas la fixité absolue qu'on lui suppose communément ; que tout en con- :ServAnt ses caractères essentiels, il est susceptible de subir des .chai^gements considérables suivant les conditions biologiques dans lesquelles se trouyent les individus dont il dirige généralement les actes, et que, les variations introduites de la sorte peuvent, en se transniettant héréditairement, imprimer à ce mobile mental des caractères accessoires, permanents qu'il n'avait pas dans le principe Or, ces modifications sont d'ordinaire avantageuses pour les êtres animés qui les présentent, et par conséquent 1 instinct est perfectible ». M. Henri Milne-Edwards donne comme un exemple de perfectibilité « de l'instinct les diverses modifications qu'ont dû

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