‹ L'intelligence des animauxChapitre 15 sur 122 · L'ÉVOLUTION MENTALE · texte numérisé non relu

L'ÉVOLUTION MENTALE

subir Tinstinct de l'Hirondidlia de fenêtre et celui de THirondelle de chemiaée avec le& modiûcatious de notre architecture, et il conclut en disant : « Il est également à noter qu'un instinct fort semblable à celui qui existait probableinent chez toutes ces Hirondelles à Tépoque préhistorique, se retrouve aussi chez une troisiènae représentante du même type générique, notre Hirondelle de rivage, qui établit son nid dans les trous pratiqués dans les flancs des berges escarpées. Or, cet oiseau est fort ancien, car ses ossements ont été trouvés à Tétat fossile, tandis que nous n'ayons aucune preuve de Texistence des autres espèces de la ménae famU4d dans ces temps reculés. Peut-on en conclure que l'Hirondelle de rivage de l'époque préhistorique est l'ancêtre commune des trois espèces ou races actuelles, et dont la conformation, ainsi que lïnstinct architectural se seraient modifiés avec le temps ? Cela ne me paraît pas improbable, naais, dans Tétat actuel de nos connaissances, on ne peut former à ce sujet que des conjeetures très vagues * ». Ces lignes datent de 1879. Elles marquent entre les idées de M. H. Milne-Eklwards et celles de M. H. Fabre une différence profonde. Uhabile observateur des Insectes croit à la ôxité de tout ; le naturaliste profond qui fut en France le maître incontesté de la génération actuelle de zoologiste admet non seulement la variabilité des instincts, mais, dans une certaine mesure, celle des espèces. Du moment que linstinct est perfectible, la voie demeure ouverte aux explications ; les modifications sont déterminées sous l'action de circonstances biologiques «ouvelles; celles qui constituent d^s perfectionnements sont ensuite fixées par la sélection naturelle. Mais quelles causas ont pu amener les modifications des instincts.

En 18^1, en rédigeant, pour la classe de philosophie des lycées, un pi^écis d'Anatomie et Physiologie animdleSy je fus amené à traiter la question de l'intelligence et de l'instinct. Je m'eâbrçai de suivie da&s ce travail la tra^ce si lumineusement indiquée par M. Hd&ri Milna*Ëdwards. Il me parut cependant qu'il y avait lieu d'insiâiter d^vant^gi^ sur les rapports de l'intelllgenoe et de l'ins*^ tinct. Je montrai d'abord ' qu^l est bien plus souvent qu'on ne pense, difficile de distinguer Tintelligence de l'instinct ; j'insistai sur l9s cas ineont^e^t^s de u^odificatioas des instin^^ts^ et je fis

Page 1