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L'EVOLUTION MENTALE XXIX

brillamment parcourue, et une pareille rencontre ne saurait être fortuite : elle résulte de la force des choses : les fait interprétés sans idée préconçue ne sauraient conduire à des résultats très différents deux chercheurs indépendants, uniquement préoccupés de connaître la vérité. C'est une grande joie pour deux hommes de science que de se rencontrer ainsi ; chacun d'eux fait la preuve de la droiture de l'autre.

La définition que donne M. Romanes des instincts primaires est exactement .celle que nous avons donnée de ce que nous avons appelé les instincts proprement dits ou instincts innés. Nous n'avons pas donné de nom aux instincts sur lesquels l'inteUigence a travaillé et qu'il appelle instincts secondaires. Le continuateur de Darwin attribue plus d'importance que nous ne l'avons fait au développement des instincts primaires par variation spontanée et sélection naturelle. C'est là entre lui et nous toute la différence ; il est possible qu'il ait raison, mais c'est là une question de mesure qu'il est difficile de trancher dans l'état actuel de nos connaissances.

« L'intelligence modifie Vinstinct et cela fait s* efface, l'instinct modifié continuant à se transmettre par hérédité et à diriger les actes des animaux à la façon des instincts primaires. » C'est là, en somme, la proposition importante qui vient s'ajouter aujourd'hui aux idées que l'on se faisait antérieurement du développement des instincts. Après les notions que la médecine moderne a acquises sur les phénomènes intellectuels inconscients, cette proposition établie du reste sur un grand nombre de preuves, n*a plus rien qui puisse étonner les psychologues : les récentes recherches sur l'hypnotisme ont montré avec quelle facilité pouvait disparaître la conscience des opérations intellectuelles les plus compliquées ; ce sont là des phénomènes dont l'essence nous échappe ; mais devant lesquels il faut s'incliner. De telles données ne peuvent être négligées. Elles sont de première importance pour l'explication des instincts, car elles permettent d'établir un l'en entre deux ordres de phénomènes qui avaient paru bien longtemps si étrangers l'un à l'autre, qu'ils semblaient n'exister que pour se suppléer mutuellement.

Cependant, même ainsi perfectionnée la théorie de l'instinct présente encore de grosses difficultés devant lesquelles M. Romanes hésite, mais qu'il nous paraît s'exagérer un peu. Ce sont justement celles qu'a soulevées M. Fabre et qui sont relatives à l'instinct

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