‹ L'intelligence des animauxChapitre 20 sur 122 · X3CK PRÉFACE · texte numérisé non relu

X3CK PRÉFACE

des Imreoies. Actuellement chez les Hyménoptères soliiams ti bien étudiés par le naturaliste d* Avignon, il n'y a souvent aucun contact entre les larves et les adultes. Comment les femelles de ces singuliers animaux sont elles amenées à s*occuper de larves qu^elles ne connaîtront jamais? Qui leur a appris à creuser les terriers qu'habitent ces larves? Gomment peuvent -elles savoir où se trouve la proie qu'elles leurs préparent? Gomment parviennent-elles à s'en emparer? Gomment se sont-elles rendu compte de la nécessité de la paralyser sans la tuer ? Et cet instinct une fois acquis, comment une Scolie 1 a-t-elle perfectionné au point de paralyser d'un coup d'aiguillon unique les larves de Lamellicornes, sur chacune desquelles elle dépose un œuf, et qui devront être la nourriture exclusive de la larve née de cet œuf? Comment un Sphège est-il arrivé à savoir paralyser une chenille en piquant successivement de son aiguillon tous les ganglions de sa chaîne ventrale ?

Les autres Insectes présentent un grand nombre de traits de mœurs pour le moins aussi étranges que ceux dont les Hyménoptères solitaires nous rendent témoins. Tout cela paraît surnaturel ; tout cela est, de fait, inexplicable si les Insectes ont toujours été isolés de leurs larves comme ils le sont aujourd'hui; pas plus la sélection naturelle que l'intervention de l'intelligence ne sauraient rendre compte du développement de pareils instincts dans de telles conditions, et M. Fabre a grandement raison de s'écrier qu'il ne comprend pas.

Mais on ne peut songer à expliquer de tels phénomènes si l'on est décidé à ne tenir compte que de ce qu'on peut observer dans la nature actuelle. Le naturaliste qui procéderait ainsi serait dans la situation d'un météorologiste qui tenterait d*expliquer les mouvements atmosphériques en étudiant uniquement les données fournies par les instruments de son observatoire.

Chercher une explication des instincts quelque peu élevés, c'est en admettre le perfectionnement graduel et c'est essayer de déterminer leur point de départ et les stades successifs de leur évolution. C'est, comme M. Fabre l'a peut-être trop bien compris, admettre implicitement le transformisme. Ou peut repousser absolument cette doctrine. Elle n'est pas encore arrivée, nous nous empressons de le reconnaître, à un tel point de perfection qu'elle puisse satisfaire tous les esprits Mais, si on l'admet, il ifaut user délibérément, sous peine de demeurer impuissant, de toutes les

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•resseuaroas >€rs|Aioa#\^6S qa*e)le fotti*fiit. Si âonc on vcnrt «spliqiiflr les in^Éinc^e, il faut bien se oanyaincre — f^ M. Itomanes le «ait ixiiîeux que peFsevne — qu'on se henrtepa à des impossibilités tàirt qn*em Dë^igepa de prendre en eonsidépation les changements, -«climatériqaeB ou autres, — survenus à la «urface du globe d^ puis que les -animaux ont commencé à présenter des phénomènes pq^chiques, tant qu on n'aura pas présent à»l esprit que les ancêtres des animaux dont nous avons aujourd'hui à expliquer les infltincts «ne présentaient pas plus les formes extérieures de leurs de;?cendants qu'ils n'en avaient les aptitudes mentales. On dira, sans doute , que les théoriciens se donnent ainsi beau jeu ; mais c'est justement Pavantage de leur théorie de mettre à leur disposition des moyens d'explication qui manquent à leurs adversaires. Quant aux autres objections qu'on pourrait leur opposer, elles ne sauraient renverj^er la doctrine que si elles l'acculaient à des hypothèses manifestement fausses, invraisemblables, ou en formelle conla^aâiction avec ses bases. Tout serait donc sauvé si l'on pouvait démontrer que les instincts des Insectes s'expliquent comme les autres, à la seule condition de tenir compte des circonstances probables dans lesquelles s'est accomplie leur évolution.

Creusons donc davantage la question et cherchons, s'il est possible, à toucher le fond môme de la difficulté.

Les Insectes parfaits, nos contemporains, ne connaissent presque jamais leurs descendants, même à l'état de larve : cela est hors de doute. Mais, dans nos pays tempérés, à quoi tient actuellement cotte séparation absolue d'une génération dlnsectes et de celle qui la suit? A la rigueur des hivers qui tue tous les parents et ne laisse subsister que les jeunes. Or, y a-»t-il eu toujours de pareils hivers? Non. Les hivers rigoureux datent du début de la période tertiaire ; auparavant les grands froids n'existaient pas : il n'y avait pas de raison pour que les Insectes ne connu<isent pas leur progéniture ; ils étaient dans les conditions des autres animaux et leurs instincts pouvaient se développer de la façon ordinaire. La vie des Insectes de la période secondaire devait être adaptée, comme celle des Insectes actuels, aux saisons de cette époque ; mais l'allure de ces saisons était toute différente. Supposer que depuis les temps carbonifères, date de l'apparition de ces animaux, -les mœurs des ancêtres de nos Insectes ont toujours été ce qu'elles sont aujourd'hui, n'est pas seulement faire une hypothèse gratuite; c'est

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