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en môme temps que concis, le caractère toujours adaptif de Faction instinctive; de plus, elle ne fait pas assez ressortir la différence entre l'instinct et la raison. — Sous ce rapport, je préfère celle que donne Hartmann dans sa Philosophie des êtres inconscients : « L'instinct est ce qui pousse à agir dans un but, sans avoir conscience de ce but » — mais là encore il y a une grave omission ; il n'est point fait mention d'un trait des plus importants de l'action instinctive, à savoir, son uniformité chez les différents individus d une même espèce. En comblant cette lacune, nous arriverons à définir l'instinct d'une manière à la fois précise et complète ; c'est, dironsnous, chez l'homme ou chez les animaux, une opération mentale ayant pour but un mouvement adapté, antérieure à l'expérience individuelle, à laquelle la connaissance du rapport entre les moyens et la fin n'est pas nécessaire, et qui s'accomplit d'une manière uniforme, dans les mômes circonstances, chez tous les individus de l'espèce. Or, chacun de ces traits, sauf la participation intellectuelle et la tendance à un mouvement adapté, constitue une différence entre l'instinct et la raison. Car cette dernière est toujours précédée et de l'expérience individuelle et de la connaissance du rapport entre les moyens et la fin, connaissance péniblement acquise en bien des cas ; enfin, il s'en faut qu'elle fonctionne toujours de la môme manière dans les mômes circonstances chez tous les individus de l'espèce.
Il y a donc, entre l'instinct et la raison, des différences plus distinctes et plus variées qu'entre l'instinct et l'action réflexe. Ce qui n'empêche pas que, dans certains cas, la distinction soit tout aussi difficile à établir. Cela résulte de la transformation graduelle et imperceptible à laquelle nous avons déjà fait allusion, de l'instinct en raison; si bien qu'il arrive souvent qu'une action, instinctive dans son essence, se trouve qualifiée « d'une petite dose de raison », selon l'expression de Pierre Huber ; la réciproque ayant également lieu, mais ici encore la difficulté que l'on éprouve à classifier certaines actions n'infirme aucunement la valeur des distinctions établies entre les deux catégories ; elles n'en conservent pas moins leur précision.
Enfin, il est un trait secondaire par lequel l'instinct et la raison diffèrent encore, sinon toujours, au moins dans la plu-