‹ L'intelligence des animauxChapitre 31 sur 122 · APPLICATION DES PRINCIPES QUI PRÉCÈDENT AUX ANIMAUX INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

APPLICATION DES PRINCIPES QUI PRÉCÈDENT AUX ANIMAUX INFÉRIEURS

Protozoaires.

Quiconque a observé les mouvements de certains infusoires se refusera difficilement à leur accorder une part d'intelligence, si minime qu'elle soit. Leur manière de s'éviter pourrait, à la rigueur, s'attribuer à l'efl'et de certaines répulsions résultant des courants que produisent leurs ébats; mais on ne saurait expliquer ainsi, par des considérations purement mécaniques, la manière dont ces petits êtres se recherchent, soit pour se faire la chasse, ou dans un but de reproduction, ou, comme on le disait souvent, pour s'amuser. Je me rappelle avoir vu un petit rotifère d'une espèce fort commune (le corps en forme de coupe, la queue douée d'une grande agilité et se terminant par une pince puissante) en saisir un autre de taille supérieure par le côté et s'y attacher au moyen de sa pince. Aussitôt, grand déploiement d'activité de la part du grand rotifère ; s'élançant de droite et de gauche avec son fardeau, il finit par rencontrer un brin d'herbe, l'empoigne solidement avec sa pince, puis se livre à une série de mouvements remarquables dans le but évident de se débarrasser de son adversaire. Rien de plus propre à obtenir ce résultat que ses sauts de ci, de là, d'une vigueur et d'une brusquerie étonnantes; mais, je me demandais comment la pince ou la queue y résisteraient. Le petit rotifère de son côté n'était pas moiiu surprenant dans sa ténacité ;

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