‹ L'intelligence des animauxChapitre 33 sur 122 · ANIMAUX INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

ANIMAUX INFÉRIEURS

héliozoaires et je remarquai qu'ils contenaient également de Tamidon et sous la môme forme. M'étant assuré de la nature de ces grains en y ajoutant de riode, je nettoyai les verres et plaçai à nouveau sous le microscope du sédiment emprunté au vase qui contenait les cellules et les actinophryens. Je découvris alors qu'une des cellules s'était rompue et qu'une portion de son protoplasme mélangée de grains d'amidon faisait légèrement saillie. C'était sans doute la source à laquelle les actinophryens s'étaient procurés leur amidon. A peine avais-je conçu cette idée, que survint une actinoph^^ys. Je le vis faire le tour de la cellule et ayant trouvé l'ouverture, s'y emparer d'un grain d'amidon, puis se retirer à quelque distance. Bientôt cependant il revint et comme il n'y avait plus de grains en dehors de la cellule, il alla en chercher un dans l'intérieur en passant par la fente. Ce manège répété plusieurs fois me parut montrer que VacHnophrys savait instinctivement que ces grains étaient nutritifs, et qu'ils étaient contenus dans la cellule, enfin, que s'éloignant chaque fois avec le grain qu'il avait obtenu, il savait retrouver le chemin de la cellule qui lui fournissait sa nourriture.

Une autre fois je vis une actinophrys se poster à proximité d'une cellule de pythium qui était arrivée à sa maturité sur un fil de spirogyra crassa, s'emparer un à un des germes monadiques à leur sortie jusqu'au dernier, puis s'éloigner comme s'il savait d'instinct qu'il n'y avait plus rien à attendre de ce côté. Mais voici bien le fait le plus remarquable, en ce genre, que je me sois jamais trouvé à même d'observer :

Un soir (c'était le 2 juin 1858, et je me trouvais alors à Bombay), tandis que j'examinais des euglènes au microscope, mon attention fut attirée par une acineia triangulaire pédonculée {A, mystacina) dont une amoeba faisait le tour avec l'allure particulière à cet être lorsqu'il est en quête de nourriture. Sachant que les tentacules de Vacinela ne sont point du goût de la plupart des infusoires et de YamoeM entre autres, je me sentais assuré en tout cas que cette dernière ne songeait pas à dévorer sa voisine. Mais quel ne fut pas mon étonnement lorsque je la vis grimper le long de la tige et s'enrouler autour du corps de l'acinete ! Cette marque d'affection ressemblait trop à ce qui se passe si souvent à l'autre bout de l'échelle, alors même que l'intelligence exerce son contrôle ; elle ne tarda

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