‹ L'intelligence des animauxChapitre 40 sur 122 · Descendance de Vhomme^ p · texte numérisé non relu

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dant vingt-quatre heures de l'endroit où il avait laUié soii compagnon ; et quant au reste, il suffirait qu'il lui ait fait, en quelque sorte, signe de le suivre : nous verrons que plusieurs Invertébrés en sont capables. Donc, pour toutes ces raisons, je suis porté à croire, comme M. Darwin, que le seul moyen d'expliquer la conduite de ces escargots, c'est de l'attribuer à une inspiration intellectuelle. Comme telle, elle est fort remarquable ; car, elle implique non seulement une souvenance correcte du lieu et de la direction pendant vingtquatre heures, mais aussi un sentiment assez vif d'attachement personnel et de sympathie, se manifestant par le désir de l'ua ie partager avec l'autre le fruit de ses décou* vertes *.

J'ai fait, allusion plus haut à un animal dont l'exemple prouvait que parmi les Gastéropodes, il en est qui sont doués d'une mémoire exacte pour la localité : c'est la Patelle.

M. J. Clarke Hawkshaw en décrit les habitudes dans le passage suivant, tiré du Journal de la Société linnéenne :

a Les trous qu'habitent communément les Patelles dans la craie, sont creusés, si je ne me trompe, à l'aide des dents de la langue; mais je doute que l'animal ait l'intention de s'en faire un abri, quoiqu'il s'en serve à cet effet. Ce qui lui importe, c'est d'adhérer solidement au rocher, et pour cela, il faut que sa coquille s'applique bien exactement à la surface d'adhérence. Quand cela a lieu, il suffit d'une faible contraction musculaire pour attacher l'animal si fortement qu'il faudrait le briser pour le bouger. Mais comme les coquilles ne peuvent s'adapter chaque jour à une surface différente, les Patelles reviennent généralement s'attacher à la même place. C'est le cas d'un grand nombre, j'en suis sûr ; car j'ai trouvé des coquilles parfaitement ajustées à des surfaces contournées de Silex, dont elles suivaient les inégalités en se déformant

•i> Je reconnus à certains signes que les Patelles préfèrent une surface dure et polie à un trou dans la craie. C'est ainsi qu'à la surface d'un gros bloc dont les côtés étaient également recouverts de Patelles, je remarquai deux fragments d'écaillé

1. Il est fâcheux que M. Lonsdale n'ait pu répéter Texpérience ; vu Timportance des conclusions, il serait à désirer que les faits observés reçussent confirmation.

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fossile d'environ 3 pouces sur 4 qui s'y trouvaient incrustés à plat. La craie tout alentour était entièrement libre ; mais sur la surface polie des morceaux d'écaillé, les Patelles se pressaient en foule compacte et serrée. Mais voici qui suffirait presque, selon moi, à prouver qu'elles préfèrent une surface lisse à un trou.

» Sur un des blocs tapissés d'algues marines, voisin de celui dont je viens de parler, une Patelle avait nettoyé un espace au milieu duquel surgissait un silex formant une projection assez élevée: je pus, en effet, la raser d'un coup de marteau. Au sommet de cette éminence, la Patelle s'était établie. Sa coquille avait dû se conformer aux inégalités de surface, et ne s'y appliquait exactement que dans une seule position ; tandis qu'il aurait trouvé un abri tout préparé dans les petites cavités qui perforaient l'espèce d'écuelle où se trouvait l'espace qu'il avait déblayé. Néanmoins, elle préférait, après chaque excursion, gravir le sommet du silex, le point le plus élevé de son domaine*. »

D'après ces observations, que celles de M. F.-C Lukis*, avaient du reste plus ou moins précédées, il paraît certain que les Patelles se font un repaire habituel auquel elles reviennent après avoir fourragé, et comme ce fait implique un souvenir exact de la direction et de la localité, nous serions en droit d'y voir une preuve d'intelligence.

Passons maintenant aux Céphalopodes. Il est hors de doute que si les occasions d'étudier ces animaux étaient plus nombreuses, le résultat d'une observation attentive serait de les ranger parmi les plus intelligents de leur classe. Malheureusement, jusqu'ici, on n'a pu procéder que dans des limites très restreintes et les données manquent en ce qui concerne la psychologie de ces intéressants animaux. Voici celles que j'ai pu recueillir. D'après Schneider % la conscience et Tintelligence existent à n'en pas douter chez les Céphalopodes. Il avait pu en faire une étude prolongée à la station zoologique de Naples, et il affirme qu'au bout d'un certain temps, ils semblaient reconnaître le gardien qui leur donnait leur pâture. Hollmann raconte qu'un Octopus qui avait eu maille à

1. Jonmil de la Société Unne'tnne, vol. XIV, p. 406 et suivantes.

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