Introduction à V Entomologie , vol. II, p
En fin de compte, le nombre de fourmis mises en réquisition par les pionnières fut de deux cent cinquante-sept en quarante-sept heures et demie pour le verre rempli de larves, et de quatre-vingt-deux seulement, pendant cinquante-trois heures, pour celui qui n'en contenait que deux ou trois. Quant au verre vide, il ne fut pas visité une seule fois. Or les trois verres se trouvaient dans des conditions semblables, et il ne pouvait y avoir de différence tout d'abord entre les deux pistes conduisant aux larves; le résultat semblerait donc indiquer qu'il y avait eu communication et communication précise, non seulement de l'existence des larves, mais aussi de l'endroit où elles se trouvaient en plus grand nombre. Mais revenons à Sir John Lubbock :
« Comme exemple de communication apparente, le fait » suivant me frappa tout particulièrement. J'avais observé » pendant la journée, une fourmi (F. niger) occupée à trans- » porter des larves dans son nid. Le soir venu, je l'emprison- » nai dans une bouteille, et ne la mis en liberté qu'à 6 heures )> 15 du matin. Aussitôt elle reprit son occupation; mais » comme j'avais à me rendre à Londres, je la séquestrai de y> nouveau à 9 heures. A mon retour, vers 4 heures 40, je la » remis auprès des larves. Les ayant examinées avec soin, mais » sans y toucher, elle se rendit au nid dont les abords étaient » complètement déserts, et revint en moins d'une minute » accompagnée de huit amies, avec lesquelles elle se dirigea » du côté des larves. Aux deux tiers du chemin, je l'enfermai » pour la troisième fois ; après quoi, je vis les autres hésiter » quelque temps, puis se retirer avec une promptitude singu- » lière. Enfin, à 5 heures 15, je la mis de nouveau avec les » larves. Cette fois encore, elle n'y toucha point, et se rendit » au nid les mains vides ; mais elle n'y fit qu'un séjour de » quelques secondes, et reparut avec treize compagnes. Arri- » vée aux deux tiers de la distance qui séparait les larves du w nid, la troupe s'arrêta ; la fourmi en chef, malgré les cent » cinquante voyages qu'elle avait fournis le jour précédent y> sur la môme route et celui qu'elle venait de faire en allant » au nid, paraissait avoir oublié le chemin et tâcher de se le » rappeler. Je la laissai errer pendant une demi- heure, puis » je la remis avec les larves. Somme toute, il me parut évi- » dent que les vingt et une fourmis étaient sorties du nid à
» rinstigation de la première, car, outre qu'elles l'accom- » pagnaient, elles se trouvaient seules en campagne. J'estime » aussi qu'elles avaient été mises au courant des circons- » tances; en tout cas, leur amie n'apportait rien qui pût leur » inspirer l'idée de la suivre, puisqu'elle apparut chaque l'ois » les mains vides. »
D'autres expériences démontrèrent, comme l'on pouvait du reste s'y attendre, qu'une fourmi peut seulement faire part à ses compagnes du fait de ses découvertes, elle ne peut leur en indiquer l'endroit. Sir John Lubbock s'y prit de la manière suivante : ayant placé un dépôt de larves à quelque distance d'un nid, il y porta une fourmi qui commença aussitôt une série de voyages d'aller et de retour. Mais chaque fois qu'elle sortait du nid accompagnée d'amies dont elle avait réclamé l'aide, Sir John l'enlevait et la portait aux larves, d'où il lui permettait de revenir en liberté. Les amies, privées de leur guide, se trouvaient dans l'impossibilité de se diriger vers le dépôt qu'elles avaient évidemment eu l'intention de visiter, erraient pendant quelque temps à l'aventure, et finissaient par rentrer au nid. Dans l'espace de deux heures, il n'en sortit pas moins de cent vingt, dont cinq seulement furent conduites par le hasard au bon endroit. Il résulterait de tout ceci, que la communication de fourmi à fourmi se borne à quelque signe qu'elles se font d'avoir à suivre. D'autres expériences vinrent confirmer cette conclusion ; elles montrèrent aussi que certaines espèces sont plus promptes à agir de concert que d'autres. Ainsi les Lasius niger s'associent bien plus volontiers que les Formica fusca. Une de ces dernières que Sir John Lubbock avait mise en contact avec du miel, y revint à plusieurs reprises pendant toute une journée, sans jamais y amener d'amies, et celles qu'elle croisait en chemin ne faisaient aucune attention à elle.
Sans doute on pourrait objecter qu'il suffit à une fourmi d'en voir une autre avec un fardeau, pour en conclure qu'elle n'a qu'à suivre son amie à son retour pour « découvrir le bon coin » ; mais cela n'expliquerait pas comment de deux dépôts pourvus tous les deux d'une fourmi guide, c'est le plus riche qui est le plus en faveur.
Du reste, pour tirer la question au clair Sir John Lubbock imagina de fixer une mouche morte avec une épingle de ma-
nière que la fourmi qui la découvrirait ne pût l'emporter vers le nid. En effet, il en vint une qui fit de violents eiOTorts pour s'emparer de la mouche ; n'y réussissant pas, elle s'en fût au nid en chercher sept autres pour Tailler, Mais telle était son agitation qu'elle distança ses compagnes « qui pa- » raissaient avoir été dérangées au milieu d'un somme et » n'être encore qu'à moitié éveillées » et celles-ci ne sachant où se diriger, en furent réduites à explorer lentement le terrain pendant près de vingt minutes. Cependant leur amie avait livré, sans succès, un nouvel assaut à la mouche, et s'en était revenue au nid chercher du renfort. Les huit fourmis qui composaient le nouveau contingent étaient encore moins actives que les premières, et lorsqu'elles eurent perdu de vue leur guide qui avait couru en avant comme la première fois, elles n'eurent rien de plus pressé que de retourner au nid. Or, la première bande n'avait pas cessé ses recherches ; il s'en trouva dans le nombre qui eurent la chance de découvrir la mouche. Aussitôt elles se mirent à la dépecer, et à emporter les morceaux comme autant de trophées vers le nid, où elles avaient été réclamer du renfort comme d'habitude.
Cette expérience fut répétée plusieurs fois et avec diverses espèces ; le résultat fut toujours le môme. « Assurément, dit » Sir John, il y a là la preuve que les fourmis possèdent la
» faculté de communiquer entre elles Comment douter
» que la première bande était sortie à l'instance de leur amie? » Celle-ci d'ailleurs était revenue au nid les mains vides, les » autres ne pouvaient donc rien voir en elle qui leur inspirât » le désir de la suivre. J'en conclus donc, je le répète, que » les fourmis ont le moyen de faire comprendre à leurs amies » qu'elles désirent leur aide. »
Il s'agissait dès lors de savoir si le son jouait un rôle dans les communications. Pour s'en assurer, Sir John Lubbock disposa près d'un nid de Lasius niger six petites colonnes en bois hautes d'un pouce et demi, et versa une goutte de miel sur l'une d'elles. « Après quoi, dit-il, je mis trois fourmis sur » la colonne à miel, et à mesure qu'elles étaient repues je les » enfermais pour en mettre d'autres à leur place. De cette » manière il y avait toujours trois fourmis sur la colonne à » miel, mais il n'en revenait pas une au nid. Si donc les
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» fourmis communiquaient entre elles au moyen de sons, il » devait bientôt s'en présenter un grand nombre autour du » miel. » Le résultat de l'expérience fut de nature à démontrer que les fourmis ne peuvent pas s'appeler ainsi de loin.
On doit au célèbre géologue Ilague une série d'observations fort intéressantes qu'il raconte dans ses lettres à Darwin (voir a Nature », vol. VII, pages 443-444) je les cite comme dernière preuve de la faculté d'entente mutuelle chez les fourmis, ou tout au moins chez certaines espèces.
« A chaque extrémité de la cheminée de notre salon se » trouve un vase que ma femme, très éprise de fleurs, a » l'habitude de remplir de violettes ainsi qu'un verre qui » occupe le milieu. Il y a quelque temps je remarquai sur le » mur au dessus du vase à gauche, une file de petites four- >; mis rouges qui circulaient entre la cheminée et un petit » trou près du plafond à l'endroit où l'on avait enfoncé un » clou pour y pendre un tableau. Peu nombreuses à Tori- » gine, les fourmis se multiplièrent de jour en jour au point » d'en arriver à former un convoi continu du trou au vase et » du vase au trou. Elles ne s'étaient point encore avisées de >j l'autre vase ni du verre.
» Je venais de faire une longue maladie, et ayant à garder » la chambre, j'avais l'habitude de passer mes journées dans » la salle où les fourmis avaient attiré mon attention. Leur » présence m'ennuyait, mais je ne connaissais pas de moyen » efficace de m'en débarrasser. J'essayai d'abord pendant » plusieurs jours de les balayer en masse de haut en bas ; mais » comme elles tombaient sur le plancher sans se faire de mal, » je n'y gagnai rien, et je m'aperçus bientôt qu'elles avaient » fondé une autre colonie au pied du mur, de sorte que le » vase avait à subir deux invasions, l'une par en haut, l'autre » par en bas. Un jour, comme une trentaine de fourmis se » trouvaient réunies au pied du vase, je frappai le groupe » légèrement du bout du doigt écrasant les unes et éclop- » pant les autres. Ce désastre produisit un effet aussi rapide » qu'inattendu. A peine une nouvelle venue apercevait-elle » ses camarades mortes ou se tordant de douleur qu'elle fai- » sait volte-face et s'enfuyait à toutes jambes. Au bout d'une » demi-heure il n'y eut plus une seule fourmi sur le mur au » dessus de la cheminée.
» Quant à celles d'ea bas, elles continuèrent pendant une » heure ou deux à monter jusqu'à la hauteur de Taréte » inférieure du manteau de la cheminée. Arrivées là, les plus » timides semblaient pressentir un sinistre, et s'en retour- » naient sans avoir vu le vase ; les autres, ayant continué » leur chemin d'une allure incertaine jusqu'à Taréte supé- » rieure^ allongeaient leurs antennes et tendaient le cou pour » tâcher de reconnaître le terrain, mais à la vue du massacre, » elles se retiraient précipitamment avec toute l'apparence » de l'agitation et de la terreur. Deux heures après, la route >5 de la colonie d'en bas au vase était presque entièrement » déserte.
» Je tuai une ou deux fourmis, en appuyant du doigt de » manière à ne pas laisser de traces et voici ce que j'observai : » Quand une de leurs amies, au cours de son ascension vers >i la cheminée, venait a passer l'endroit, elle manifestait aus- » sitôt un grand émoi et s'en retournait aussi vite que possible; » si elle en rencontrait une autre en chemin, elle ne manquait » jamais de s'entretenir avec elle; après quoi elle continuait » sa route tandis que la dernière venue se dirigeait vers » l'endroit fatal pour y subir le même effroi suivi d'une fuite » également précipitée.
» A la suite de ces incidents, plusieurs jours s'écoulèrent » sans que je visse de fourmis sur le mur soit en haut soit en » en bas; puis j'en vis sortir quelques-unes de la colonie » inférieure, et je remarquai qu'elles évitaient le vase qui » avait été le théâtre du massacre. C'était maintenant le vase » du milieu qui les attirait et auquel elles arrivaient en suivant » l'arête inférieure de la clieminée. Je résolus de recommencer » l'expérience que je venais de faire en commettant un nou- » veau massacre au pied du verre, et je pus constater le même » résultat. C'était toujours la même agitation avant même » que les cadavres ne fussent en vue, les esprits timides fuyant » aussitôt, les autres après avoir poussé une reconnaissance. » De temps en temps quelque fourmi aventureuse s'avançait » jusqu'au milieu des cadavres ou des mourants; mais alors » elle perdait sa présence d'esprit, courait de tous côtés, » tournait en cercle, s'arrêtant par moments avec un mouve- » ment d'antennes en signe de désespoir et finissait par se » sauver. Après cet épisode, il y eut un intervalle de plusieurs
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» jours, pendant lequel je ne vis plus de fourmis. Il y a trois » mois de cela et au moment où j'écris, la solitude règne dans » la colonie d'en bas. Mais celle d'en haut continue à envoyer » des éclaireurs de temps à autre, surtout quand des violettes » fraîches répandent leur parfum ; mais ils n'approchent » presque jamais du vase abandonné ; le verre seul excite leur » convoitise. Il suffit du reste d'écraser une ou deux, fourmis » sur la piste qu'elles suivent en descendant d'en haut, pour » dégoûter les autres et les éloigner pour plusieurs jours, » voire même pour quinze. J'ai dernièrement choisi pour cette » opération le point le plus élevé que je puisse atteindre » c'est-à-dire de trois à quatre pieds au-dessus de la che- » minée. La première fourmi qui y parvient après l'exécu- » tion fait volte-face, et le mur se trouve bientôt libre d'in- » sectes. »
A la page 244 du huitième volume du même ouvrage de M. Darwin se trouve une autre lettre de M. Hague à ce sujet. M. Moggridge. paraît-il, avait suggéré à M. Darwin l'idée que l'observation de M. Hague pouvait peut-être s'expliquer après tout par une répulsion de la part des fourmis pour la trace odorante du doigt qui traverse leur chemin ; que cette répulsion avait été souvent constatée aussi bien par lui que par d'autres, et qu'il n'était donc pas absolument nécessaire d'y voir une terreur raisonnée produite par la vue du massacre. M. Darwin fit part de cette idée à M. Hague en le priant de la vérifier par de nouvelles expériences, et c'est à la suite de ces épreuves que la lettre en question fut écrite.
« M'inspirant de l'idée de M. M je me contentai d'abord
» de passer le doigt à travers la piste sur la cheminée qui est » en marbre. J'obtins le même résultat que lui ; les fourmis » ne semblaient pas précisément effrayées ; c'était plutôt de » l'aversion qu'elles montraient en s'efforçant d'éviter l'en- » droit au moyen d'un détour, ou en ne se décidant à y passer » qu'au bout de quelque temps et après être retournées sur » leurs pas. J'en tuai ensuite plusieurs sur leur passage, non » pas avec le doigt mais avec un morceau d'ivoire. Cette fois y> comme avant celles qui approchaient du théâtre de l'exé- » cution, rebroussaient chemin; mais avec plus de marques » d'effroi. Je fis ainsi plusieurs massacres dont l'effet ultime » fut le même que l'hiver passé, c'est-à dire qu'après avoir
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» bravé le danger pendant une semaine ou deux, les fourmis » finirent par disparaître et nous ne les avons plus revues. Il » paraîtrait donc que Todeur de la main suffit pour les repous- » ser, mais que l'effet produit dans ma première expérience » doit s'attribuer au massacre de leurs semblables. Du reste, » j'en étais sûr dès la première exécution que je fis, à on » juger par les manœuvres des fourmis en cette occasion. » Car, on se le rappelle, celles qui venaient den bas s'arre- >j taient à l'arête supérieure de la cheminée, jetaient un coup » d'œil au delà, puis, effrayées par le spectacle qui s'offrait » à leur vue, se retiraient un peu pour revenir bientôt à la » charge en quelque autre point, et toujours avec le même ré- » sultat ; tandis que celles qui s'étaient fourvoyées au milieu >5 des mortes et des mourantes, couraient de l'une à l'autre » dans la consternation. J'ai bien peur qu'il n'en revienne » plus ; sinon j'essaierai à l'occasion de poursuivre nos » recherches dans l'ordre d'idées que m'a suggéré M. Mog- » gridge. »
Et maintenant je n'ai plus qu'à conclure ce paragraphe. Je crois avoir suffisamment démontré par les exemples que j'ai cités, que les fourmis ont le don de communiquer entre elles. D'ailleurs, on en trouvera souvent la preuve accessoire dans les observations qui suivront.
Habitudes communes a plusieurs espèces.
Formation des essaims. — Quoique tous les détails de l'essaimage des fourmis n'aient point encore été approfondis, il en est cependant quelques-uns sur lesquels on a des renseignements précis. Quelque belle après-midi, au mois de juillet ou d'août, les insectes ailés des deux sexes quittent le nid et partent pour leur voyage de noce. Les travailleurs agrandissent les issues et en pratique de nouvelles ; une grande activité (règne à la surface du nid. L'essaim, pareil à un nuage épais d'insectes, s'élève à une hauteur considérable ; choisissant jd'habitude soit un arbre, soit une tour comme centre, il vole 'en cercle pendant des heures et l'accouplement a lieu au cours de ses évolutions. Il retourne ensuite vers le sol, où les insectes mâles, privés d'abri, incapables de se nourrir euxmêmes, ne tardent pas à devenir la proie des araignées ou des
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oiseaux ou à périr d'inanition. — « Les travailleurs, ou fouri> mis neutres de leur communauté, ne s'intéressent plus à » eux, sachant bien que leur tâche est achevée. » — La plupart des femelles fécondées éprouvent le même sort ; un petit nombre seulement réussit à se cacher dans des trous qu'elles rencontrent ou qu'elles creusent, et y fondent une nouvelle colonie. Leur premier soin est de se débarrasser de leurs ailes devenues inutiles, les tiraillant et les tordant à l'aide de leurs tarses terminés par des crochets ; après quoi elles déposent leurs œufs et deviennent avec le temps reines de la nouvelle communauté.
D'après Forel, une femelle fécondée ne revient jamais à son premier domicile, mais il en reste au nid quelques-unes qui ont été fécondées avant la formation de Tessaim et auxquelles les travailleurs qui les gardent, arrachent les ailes. Cependant la plupart des observateurs affirment qu'un certain nombre de femelles fécondées retournent chez elles et deviennent mères là où elles ont passé leur enfance. Il y a probablement du vrai dans chacune de ces opinions. Un correspondant de la Gro7iiger DediUad (numéro du 16 juin 1817) remarque que vu le fâcheux effet de la réclusion en pareille circonstance, l'observation de Forel lui semble la moins probable et que si les fourmis retiennent les femelles fécondées avant l'envolée ; s'il s'en rencontre probablement un corps de réserve auquel les ouvrières n'ont recours qu'en cas de nécessité et si elles n'ont pas réussi à recueillir quelques reines sur le retour.
Élevage. — Les œufs n'augmentent de volume et ne se transforment en larves qu'à condition d'être léchés sur toute leur surface. — Pendant près de quinze jours, les fourmis ouvrières les montent ou les descendent d'étage en étage dans le nid, suivant les conditions de chaleur, d'humidité, etc. . .; au bout de ce temps, les larves apparaissent et réclament à leur tour les soins des ouvrières. Celles-ci les nourrissent avec la pâture dont elles ont fait provision dans leur gésier ou proventricule, et qu'elles lancent bouche contre bouche dans l'intestin des jeunes fourmis, qui témoignent de leur appétit en remuant leurs petites têtes brunes. — Les ouvrières veillent également à la propreté des larves et les préservent du froid ou de l'humidité en les changeant de cellule ou d'étage.