EXPLOITATION DES PUCERONS
» gnit en cinq ou six ans son maximum de développement » comme feuillage, tandis que l'autre se couvrait régulière- » ment chaque année, à Tépoque des bourgeons, de milliers de » pucerons qui détruisaient les jeunes feuilles et retardaient » la croissance de Tarbre. Ce que voyant, je résolus d'en finir » avec ces insectes. Lorsque vint le mois de mars, je pris une » seringue et nettoyai, avec grand soin, chaque bourgeon de » chaque branche. Grâce à cette opération, Tarbre retrouva » sa vigueur, et je me réjouis de voir branches et feuilles en- » tièrement libres de pucerons. Mais ma joie fut courte. Par » une belle matinée, au commencement de juin, je remarquai » une masse de fourmis montant et descendant le long du tronc » et, en y regardant de plus près, je vis à mon grand éton- » nement, de nombreuses bandes occupées à transporter cha- » cune un puceron vers le sommet de Tarbre, dont elles avaient » déjà garni les bandes inférieures. Au bout de quelques se- » maines, le mal fut pire que jamais. L'arbre s'élevait au » milieu d'une petite pelouse toute peuplée de fourmis, et seul » offrait une place favorable à une colonie de pucerons. J'a- » vais détruit cette colonie, mais les fourmis la reconstituè- » rent en allant chercher au loin de nouveaux colons qu'elles » établirent sur les jeunes feuilles *. »
Marc Cook rapporte qu'en observant des fourmis ouvrières de l'espèce à monticules, qui circulaient du nid à l'arbre où elles allaient traire leurs aphides, il remarqua un bien plus grand nombre d'abdomens gonflés parmi celles qui descendaient le long du tronc que parmi celles qui rentraient dans le nid. Il finit par découvrir au pied de Tarbre, à l'entrée des galeries souterraines, un groupe de fourmis qui se faisaient nourrir comme des larves, et auxquelles il donna le nom de a pensionnaires ». Il observa, paraît-il, le môme fait chez d'autres espèces de fourmis, et, en particulier, chez les fourmis des bois de Pensylvanie qui nourrissent de cette façon les hauts personnages qui gardent la reine. Selon lui, il y aurait là une conséquence naturelle du système de distribution qui caractérise en général le travail des fourmis. Celles qui ont leur tâche à l'intérieur du nid laissent à d'autres le soin de pourvoir à leur alimentation ainsi qu'à celle des jeunes;