‹ L'intelligence des animauxChapitre 54 sur 122 · Geistesleben der Thiere, pages · texte numérisé non relu

Geistesleben der Thiere, pages

BOMANBS. I. — 5

» p<ar un poi^t éloigné de celui par où elles sont entrées ; se » trouvant soudainement en pays inconnu, elles ne savent de » quel côté tourner, et ce n'est que par hasard qu'elles flnis- » sent parfois, à force d'errer, par rencontrer la piste qu elles » reconnaissent à l'odorat. Mais ces mésaventures arrivent » rarement quand la bande n'est pas chargée de butin et » marche en bon ordre. Certaines espèces (F. fusca, rufa^ » saiiguinça) savent mieux se tirer d'affaire que les fouraws » amazones. Lorsqu'elles se sont égarées, elles déposent leur » fardeau, et ne le reprennent qu'après s'être orieirtées. Si le » butin est trop considérable, elles remportent en plusieurs

» fo;.s Comme on l'a vu, les fourmis n'ont pas de chefe

» propreipent dits, mais il n'en est pas moins à remarquer » l'existence d'un petit groupe d'insectes qui paraissent s'être » concertés d'avance et se charger des décisions à prendre au » cours de l'expédition. Les autres no s'empressent pas tou- » jours de suivre; mais les membres du « conseil » en ont » raison en leur tapant sur la tô.e. Du reste, la colonne ne se » met en marche que quand ces derniers se sont assurés que » le gros de l'armée est prêt à s'ébranler.

» Un jour, Forel aperçut des Amazones qui sondaient le » terrain à la surface d'un nid de fourmis noires, sans pouvoir » découvrir la moindre ouverture. L'une d'elles finit cepen- » dant par trouver un trou pas plus gros que la tête d'une » épingle, par où les maraudeurs commencèrent à «e glisser » dans le nid. Mais comme de cette manière l'invasion ne se » faisait que lentement, une partie des fourmis continua ses » recherches. Une autre ouverture se présentant un peu plus » loin, toute la bande y passa. Pendant cinq minutes ce fut » une tranquillité complète ; puis deux colonnes commencèrent » à défiler chacune par un trou, et s'unirent à la sortie. » Chaque fourmi portait sa charge de butin.

» Dans une expédition d'Amazones contre des fourmis de » l'espèce Ruflbarbis, il arriva à l'avant-garde de se trouver » dans le voisinage du nid ennemi beaucoup plus tôt qu'elle » ne s'y attendait. Aussitôt elle fit halte et envoya des émis- » saires prévenir le centre et l'arrière-garde. En moins de D trente secondes la jonction avait eu lieu, et l'armée se jetait » en masse sur le dôme du nid. Tactique d'autant plus néces- » saire que, durant la halte de l'avant-garde, les Rufibarbes s'é-

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» pow^ttiYFiF tefdôma.d^ défeoseuir^^La mùlée qiïî 3*«j2 suwt » ,ne.saiuMt m d^uri^e. mais le nombre finit par trioIïl{>|)^r et » lef3 Aiwswes foroèpeat rentrée da md« tandis que les a$j> sièges e'en éobap^^nt par milliers» portant leurs larves et » leursfCbryaaJULdddSi.ejt piétinant leurs ad versaires^sur leur pa3- » sage^taniMs avaient b&te de gagner Tabri des plantes et bui^- » sons du voisinage. I^eur activité étajjt telle que les Amâ;u)nes » abandonnèrent tout espoir de butin ^et se mirent à battre » en retraite. A cette vue, les Ruûbarbes, furieuses de Tat- » taque qUi*eUes avaient essuyée, leur donAôrent la chas^ et » s'efforcèrent de dépouiller les quelques fourmis qui avaient » réussi. à saisir une proie. Or, en pareilk» ciroonatance, » TAma^De fait glisser ses^mâcboires^ long de lacbrysali/ie ]» qu'elle porte et cbercbe à percer la tête de son adversaire ; » les Ruâbarbes avaient .donc à guetter le moment où JeUiPs » ennemies lâchaient leur proie.et^ s^an saisir sans s'exposer. » Pow pbis de sûreté elles s'y prenaient souvent à deu^, ». ruae.attaquaut de face, Tautre ti,rant les Jambes de Tadver- » saine pour faire diversion.

» Elles se démenèrent si bien, que Tarrière-garde des Ama- 3». zones dut abandonner son butin, après une lutte obstinée D où nombre de combattants périrent de part et d'autre. » Quelques Amazones par un efibrt désespéré réussirent à se » frayer un chemin à travers lennemi jusqu'au nid et à en- » lever d'autres chrysalides ; mais la plupart lâchèrent leur » butin pour porter secours à leurs camarades en danger. » Enfin, environ dix minutps après le commencement de la » retraite les Amazones eurent vidé le terrain, et, grâce à » leur agilité, distancèrent leurs adversaires à moitié chemin » de leur nid. Ainsi échoua une attaque par suite d'un petit i> retard!

» Forel assista à une autre expédition à laquelle prirent j> part plusieurs femelles fécondes d'Amazones, et qui aboutit » au pillage du nid attaqué* Comme dans l'exemple précédent, y> la retraite s'effectua péniblement sous les assauts d'un » ennemi bien supérieur en nombre, et les pertes furent x> gQandes ûos dieux côtés.

» J'ai dit que dans leurs expéditions les fourmis paraissaient » g^aécalemeAt agjtr d'un commun accord. Voici quelques

» exemples qui prouvent quMl n'en est pas toujours ainsi. Une » colonne d'attaque avait à peine parcouru dix mètres qu'elle x) se partagea en deux bandes dont Tune revint au nid. L'autre » continua son chemin pendant quelque temps, parut hésiter » et finit par rebrousser chemin aussi. Près du nid, elle ren- » contra la première qui s'ébranlait dans une autre direction » et se joignit à elle. Enfin, après maintes évolutions et haltes, » la colonne entière revint à domicile. On aurait dit une pro- » menade, et peut-être n'était-ce qu'une marche militaire ; » mais, d'après certains indices, il était permis de croire que » les fourmis ne s'entendaient ni sur le but de l'expédition ni » sur son utilité.

» Les difficultés de la route ne sont pas pour arrêter les » Amazones une fois parties. Forel en a vu traverser une » flaque d'eau malgré de nombreuses noyades, continuer » leur chemin sur une grande route malgré la poussière et » le vent qui les balayait par moitié, et braver les mêmes » dangers au retour sans lâcher leur butin. Ce ne fut qu'avec » peine et après avoir subi de grandes pertes qu'elles réus- » sirent à regagner leur logis; mais elles n'en repartirent » pas moins à la recherche de nouveau butin. »

Dans l'excellent épitome où Biichner a rassemblé les observations de Forel, se trouve le passage suivant :

« Les ennemies les plus redoutables des Amazones sont les » fourrais sanguines (F. sangidnea) qui pratiquent aussi l'es- » clavage, et par suite se heurtent souvent aux « Rufes- » centes » dans leurs expéditions. Plus faibles qu'elles et » moins bien douées pour la lutte, elles l'emportent en intel- » ligence ; Forel les considère même comme les plus intel- » ligentes de toutes les fourmis. Il indique une expérience » qui montre bien la capacité relative des deux espèces. Si » Ton vide un sac contenant un nid d'esclaves dans le voisi- » nage d'un nid d'Amazones, ces dernières ne manquent pas To de prendre le tas confus de fourmis, de larves, de chrysa- » lides et de matériaux pour le dôme d'un nid ennemi, et » perdent leur temps à tacher d'en découvrir l'entrée, au lieu » de s'emparer des chrysalides. En pareille circonstance, les » fourmis sanguines ne s'y trompent pas et se mettent de » suite à dépouiller le tas. »

Une autre fois, tandis qu'une colonne d'Amazones se diri-

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